Maroc : une journaliste victime d'une campagne de diffamation

Une journaliste a été arrêtée par la police marocaine pour " relations sexuelles illicites et avortement illégal" le 31 août et l'évènement a été largement relayé par la presse. La FIJ et son affilié le Syndical National de la Presse Marocaine (SNPM) dénoncent une "campagne médiatique  de diffamation malveillante et contraire à l'éthique"  à l'encontre de leur consoeur.

FADEL SENNA / AFP

Hajar Raissouni, journaliste au quotidien arabophone Akhbar Al Yaoum a été entendue par un tribunal de Rabat ce lundi 2 septembre et sera de nouveau auditionnée le 9 septembre.  L'affaire fait l'objet d'une couverture médiatique considérable au Maroc où l'avortement est interdit, ainsi que sur les réseaux sociaux.

Le SNPM dénonce les manquement à l'éthique d'une partie de la profession, qui a publié des rapports soumis au secret médical et fournit des détails qui relèvent de l'intimité de la personne en commentant amplement une situation relevant du domaine privé.

Le bureau exécutif du syndicat a condamné dans un communiqué du 5 septembre "la campagne de diffamation malveillante et contraire à l'éthique" menée contre leur collègue par "certaines plateformes médiatiques". Il a appelé  tous les journalistes à dénoncer ces pratiques honteuses et abusives de la profession et rappelé le respect de la présomption d'innocence.

Le SNPM a fait appel à un avocat pour examiner le contenu du dossier et promet de suivre l’évolution de la situation tout au long de la procédure.
 

La FIJ rappelle le respect de  la vie privée des personnes et de la dignité des personnes citées tels qu'ils sont énoncés dans sa Charte mondiale d'éthique des journalistes.

Le Secrétaire général de la FIJ Anthony Bellanger a déclaré: " Notre rôle en tant que journaliste est de dire la vérité et faire notre travail en respectant la confidentialité et le droit des personnes. Nous invitons les professionnel.le.s de la presse à faire preuve de mesure dans la couverture d'un événement qui touche à la condition des femmes au Maroc et doit être traité avec tout le professionnalisme nécessaire. Nous demandons également au gouvernement marocain d'adopter des lois pour protéger les libertés individuelles". 

La présidente du Conseil du genre de la FIJ, Maria Angeles Samperio rappelle que le Maroc est signataire d'un certains nombre de conventions internationales qui proclament le respect des droits des femmes,  le principe de non-discrimination  et condamnent la violence envers les femmes.  "Ces principes sont applicables à toutes les femmes marocaines", a martelé la présidente.
 

 

 

For more information, please contact IFJ on +32 2 235 22 16

The IFJ represents more than 600,000 journalists in 146 countries

Follow the IFJ on Twitter and Facebook

Subscribe to IFJ News