La FIJ appelle à la libération du journaliste japonais retenu en otage en Syrie

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) reste sérieusement inquiète pour la sécurité du journaliste japonais retenu en otage en Syrie par le groupe extrémiste Etat islamique. Ce mardi 20 janvier, l’EI a diffusé une vidéo de Kenji Goto et d’un autre citoyen japonais et réclamé une rançon de 200 millions de dollars, laissant un délai de 72 heures.

La FIJ représente 600 000 journalistes dans 134 pays, y compris au Japon où elle possède trois syndicats-membres - Japan Federation of Newspaper Workers’ Union, Shimbunroren; Japan Broadcasting Labour Union, Nipporo; et Japan Federation of Commercial Broadcast Workers’ Union, Minpororen.

Kenji Goto, journaliste indépendant, apparait sur la vidéo aux côtés du japonais Haruna Yukawa. Celle-ci est tournée de la même façon que les vidéos de 2014 qui avaient dévoilé les meurtres des journalistes américains James Foley et Steven Sotloff.

Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a affirmé cette semaine que « leurs vies sont la priorité absolue » et a promis de les sauver. La vidéo montrant les otages a été tournée après que le Japon eut annoncé qu’il fournirait 200 millions de dollars en aide humanitaire pour les pays de cette région.

Selon la FIJ, la Syrie domine la liste des pays les plus dangereux au monde pour les journalistes, avec 12 d’entre eux tués l’an dernier. Depuis le début du conflit syrien, 80 journalistes ont été enlevés et 20 sont toujours portés disparus.

Kenji Goto est un journaliste indépendant également fondateur d’une compagnie de production de vidéos, Independant Press, un nouveau portail d’information en ligne sur les conflits, les populations de réfugiés et la pauvreté. Goto a commencé ses reportages en Syrie quatre ans auparavant, au moment de l’éclatement du conflit.

M. Yoshi Okuda, membre du syndicat de Nipporo qui fait régulièrement campagne pour les indépendants japonais, s’est rendu au siège de la FIJ à Bruxelles cette semaine afin de soutenir le cas du journaliste.

Le Club des correspondants étrangers du Japon a déclaré : « Kenji Goto est un journaliste qui a consacré sa carrière à attirer l’attention sur des thèmes humanitaires tels que la promotion de la paix, l’aide aux réfugiés et l’éradication de la pauvreté. Sa présence dans cette région témoigne du fait qu’il était un japonais hors du commun dont la sincérité et le courage doivent être respectés. » The Mass media, Information and Culture Union, dont le syndicat-mebre de la FIJ Shimbunroren est l’un des principaux membres, a qualifié cet acte de méprisable et exigé la libération immédiate des deux otages.

Selon certains rapports, Goto est porté disparu depuis mi-octobre, après s’être rendu en Syrie afin d’obtenir la libération de Haruna Yukawa avec qui il s’était lié d’amitié en avril dernier. C’est en octobre que, ne le voyant pas rentrer de Syrie, sa famille a pris conscience de son enlèvement. Le mois suivant, son épouse recevait des e-mails d’un prétendu membre de l’EI, lui réclamant une rançon d’un milliard de yen (7,5 millions d’euros).

La directrice adjointe du bureau Asie Pacifique de la FIJ a déclaré : « Il s’agit d’une situation extrêmement préoccupante. Utiliser des journalistes comme otages ou comme pions dans des luttes de pouvoir devient une pratique inquiétante partout dans le monde. Aujourd’hui plus que jamais, le monde s’unit pour condamner les menaces et les tentatives d’atteinte à la liberté d’expression dans le monde ».