Bruxelles : le journalisme n'est pas un crime, il faut libérer Julian Assange

Le 14 novembre, le groupe GUE/NGL au Parlement européen a organisé une matinée de témoignages et déclarations d'experts sur le cas de l'extradition du journaliste Julian Assange. Anthony Bellanger, secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), y a participé afin de renouveler le soutien de la fédération et de rappeler l'injustice que représente l'arrestation du journaliste australien.

John Shipton, Julian Assange's father, testifying of the journalist's poor psychological and physical condition. Photo credit: Anthony Bellanger

Tout au long de cette matinée sur le cas de Julian Assange, plusieurs personnalités ont pu prendre la parole pour témoigner de l'injustice du cas de Julian Assange et du risque que représente son extradition vers les Etats-Unis. Parmi eux, Clare Daly, députée europénne irlandaise à l'initiative de cet événement, David Greene, directeur des libertés civiles au sein de Electronic Frontier Foundation, et Nils Melzer, Rapporteur spécial sur la torture auprès des Nations Unies. Le père de Julian Assange, John Shipton, était également présent. 

David Greene est revenu sur la loi que les Etats-Unis accusent Julian Assange d'avoir entravée. Cette loi contre l'espionnage aux Etats-Unis est "une loi vieille d'un siècle qui n'a jamais ciblé de journalistes" selon lui, car un consensus tacite entre les juges et les journalistes permettait qu'elle ne s'applique pas à ces derniers au nom de l'intérêt public. Ainsi, accuser un journaliste de transgresser cette loi marque un réel changement en termes de protection des journalistes aux Etats-Unis. 

Nils Melzer a lui apporté son témoignage et son expertise concernant la torture subie par Julian Assange. En effet, il a déclaré lui avoir rendu visite en mai 2019 avec deux médecins et il a alors vu chez Julian Assange "tous les symptômes d'une exposition prolongée à la torture psychologique, à un traitement inhumain".

Dans sa prise de parole, Anthony Bellanger a rappelé que la FIJ considère que l'arrestation du journaliste Julian Assange, membre de l'affiliée australienne de la FIJ, la Media, Entertainments and Arts Alliance (MEAA), constitue une attaque à la liberté de la presse et au droit international. Il a également précisé que la FIJ allait demander à la Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l'Europe, Dunja Mijatovic, si l'arrestation de Julian Assange et une éventuelle extradition vers les États-Unis sont bien conformes aux critères de la Convention européenne des droits de l’homme. En effet, Julian Assange peut normalement bénéficier de la protection de l'Article 10 de cette même convention, qui stipule que toute personne a droit à la liberté d'expression. Dès lors son arrestation constitue une attaque à la liberté de la presse, au droit international et au droit d'asile car il n'a fait que divulguer la vérité. La diffusion de documents ou d’informations d’intérêt public ne peuvent être considérée comme un délit.

Anthony Bellanger, secrétaire général de la FIJ, a déclaré : "Julian Assange n'a donc commis aucun crime. Son seul crime a été de dénoncer les malversations et les atrocités des autres ! Des atrocités commises en Irak et en Afghanistan. La FIJ poursuit son combat international et se tient à la disposition de vous tous, parlementaires européens, rapporteurs spéciaux des Nations Unies, militants des droits de l’Homme et de la liberté d’expression, pour poursuivre ce combat essentiel pour la démocratie."

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