Les journalistes ont besoin d’une protection légale internationale dans la négociation de leurs droits d’auteur, déclare la FIJ

Les journalistes, et notamment ceux travaillant en tant que freelances, ont besoin d’une protection légale internationale dans les négociations avec leurs employeurs, ces derniers abusant de leur position dominante afin de s’octroyer le contrôle des droits d’auteur. « L’équilibre des pouvoirs sur le marché des médias a basculé de façon dramatique au détriment du droit des journalistes de conserver la titularité et le contrôle de leur travail » a déclaré la Fédération Internationale des Journalistes dans un communiqué marquant la Journée mondiale du droit d’auteur.


La FIJ explique que les droits d’auteur demeurent une clé essentielle pour l’indépendance éditoriale, une garantie pour la qualité des médias et une arme puissante dans la lutte contre la diminution des standards dans le journalisme.


La Journée mondiale du droit d’auteur, célébrée par l’agence culturelle des Nations Unies UNESCO, est l’occasion de reconnaître que « la reconnaissance des droits individuels des journalistes demeure l’ingrédient essentiel de l’éthique journalistique et contribue également à l’indépendance et la diversité des médias », a déclaré la FIJ.


« Afin de poursuivre leur travail de manière responsable et dans l’intérêt du public, les journalistes doivent bénéficier de la titularité et du contrôle sur leur travail. La protection de droit d’auteur demeure une pré-condition à un journalisme de qualité et permet aux journalistes de gagner décemment leur vie ».


La FIJ, qui représente plus de 500 000 journalistes dans le monde, rappelle que la législation internationale reconnaît les droits économiques et moraux des journalistes. La Fédération a par ailleurs vigoureusement condamné les actions menées par les éditeurs et organismes de radiodiffusion en Europe visant à réduire la protection des droits d’auteur. La FIJ dénonce en particulier leurs tentatives visant à introduire le système du « work for hire » selon lequel les droits d’auteur sont transférés directement à l’employeur sauf accord contraire.


« Les tentatives visant à modifier la législation en faveur des patrons des médias ne feraient qu’affaiblir la position des auteurs et journalistes dans leurs efforts pour obtenir un accord équitable lors des négociations contractuelles. Il existe déjà un déséquilibre inquiétant régissant les rapports de force employeurs- journalistes, qu’ils soient employés ou freelances, et la situation ne fera qu’empirer si les normes européennes se tarissent », explique la FIJ.


Nous sommes cependant confrontés à une crise mondiale. Les journalistes doivent bénéficier d’une liberté de négociation quelque soit l’endroit où ils travaillent. « Ceci est plus important que jamais car les nouvelles formes d’exploitation facilitent la dissémination du travail journalistique à travers le monde». Les conséquences liées à la globalisation, la fusion des entreprises des médias, la concurrence dans la recherche d’emploi, créent des choix difficiles pour les journalistes qui sont trop souvent mis à l’écart s’ils demandent à contrôler les réutilisations de leurs articles et photos et en obtenir une rémunération équitable. »


La FIJ demande aux législateurs internationaux de restaurer un équilibre dans les négociations par une protection contractuelle spécifique aux individus afin d’empêcher l’acquisition de tous leurs droits, acquisition devenue désormais routinière dans l’industrie internationale des médias.


« La négociation collective des droits demeure la base des accords entre les employés et les entreprises qui les emploient. Et il n’existe aucune raison valable de faire pencher davantage la balance en faveur des intérêts des éditeurs et des producteurs ».


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