Les journalistes camerounais condamnent une nouvelle agression

- Communiqué de presse du Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC) -


Le SNJC exprime sa grande inquiétude des menaces de mort proférées contre notre consoeur Suzanne Kala Lobè, journaliste au groupe de presse La Nouvelle Expression et à la Radio Equinoxe basée à Douala par la nommée Juliana Ngo Nsat, épouse Mpay.


Cette dame qui est une épouse d'un général de l'armée camerounaise, le tristement célèbre Philippe Mpay, s'est présentée au domicile de la journaliste lundi 12 janvier 2004, une arme à feu au poing, après un article publié à ladite radio dénonçant les actes de violence perpétrés sur une jeune femme par celle-ci; cette incursion au domicile familial de la journaliste a traumatisé sa mère, Mme Mpay ayant notamment promis de revenir assassiner Suzanne Kala Lobè, ce qu'elle a tenté de faire le lendemain, avant d'être maîtrisée.


Le SNJC a de bonnes raisons de s'inquiéter pour la sécurité physique de notre consoeur dans ces conditions, ce, pour plusieurs raisons dont le rôle qu'a joué son époux dans les escadrons de la mort qui ont fait exécuter sommairement plus d'un millier de personnes dans la ville de Douala il y a deux ans sous la houlette du Commandement Opérationnel (CO).


Le SNJC condamne les actes de tels individus dont l'impunité plonge les villes du Cameroun dans une sorte de Far West permanent et tendent à empêcher la presse libre d'exercer ses missions de dénonciation. Il en appelle aux autorités à veiller strictement à la protection des journalistes et des populations en général, menacés qu'ils sont par ceux qui s'estiment à l'abri de toute sanction.


Le SNJC dénonce cette énième atteinte à la liberté de la presse en cette veille d'élection présidentielle d'octobre 2004 et en interpelle aux autorités nationales pour mettre fin à des actions d'une telle nature qui n'ont pour effet que de ternir l'image du Cameroun auprès de la communauté nationale et internationale.


Le SNJC exige enfin que des sanctions soient prises contre les auteurs de telles exactions.


Pour le SNJC


Le président

Jean Marc SOBOTH