Déclaration de Euskalduna: Journalisme, guerre et libertés civiles

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<center>Libertés civiles, Guerre et Journalisme:

Débat international sur la menace à la démocratie

posée par la guerre aux droits civils, par l’intolérance et

par le populisme médiatique</center>


Bilbao, Espagne, 2-3 avril 2005



<center>Déclaration de Euskalduna</center>


Les participants de la Conférence de la FIJ sur le Journalisme, la Guerre et les Libertés civiles, organisée à Bilbao les 2 et 3 avril 2005,


Estimant que le respect des droits de l’homme et de la démocratie sont les piliers de la société civilisée,


Rejetant le message énonçant que les droits fondamentaux peuvent être sacrifiés pour combattre le terrorisme,


Insistant sur le fait que le respect de la liberté d’expression, le journalisme indépendant et le droit des populations de savoir sont des droits essentiels qui constituent des gardes-fous pour l’exercice de la démocratie,


Reconnaissant que ces lois, lorsqu’elles sont adoptées par des Etats démocratiques, sont utilisées par des régimes autoritaires pour renforcer leur propre système oppressif,


Convaincus que les attaques contre le journalisme indépendant renforcent de manière significative l’affaiblissement des libertés civiles et de l’attachement aux valeurs démocratiques dans le monde,


Constatant que les inquiétudes quant à la sécurité et au terrorisme ont conduit de nombreux états démocratiques à promulguer des lois et des réglementations qui sapent nombre de normes minimales de ……… ? établies dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme des Nations Unies (1948),


Inquiets que nous soyons les témoins de la construction d’une infrastructure mondiale d’enregistrement et de surveillance, auprès de laquelle chaque personne sur la surface du globe, et plus particulièrement les journalistes, est inscrite, et qui trace leurs voyages à l’échelle mondiale et contrôle leurs communications et transactions électroniques,


Encore plus inquiets de par les actions posées par de nombreux gouvernements au nom de la sécurité, qui encouragent la peur et l’anxiété au sein de la société et conduisent à de nouvelles formes d’intolérance exploitées par des forces politiques et sociales impitoyables et sans scrupules,


Déclarent


1. Que les gouvernements ne doivent pas sacrifier les libertés civiles sur l’autel de la défense de la sécurité publique,


2. Que des lois préparées et promulguées en toute hâte immédiatement après le 11 septembre devraient être abrogées lorsque qu’elles violent les droits et les libertés fondamentales,


3. Que les formes prises par la coopération internationale dans les dossiers liés à la sécurité ne doivent pas conduire à un mécanisme mondial de surveillance, de commande et de contrôle social de la société au sens large,


4. Que les médias ont plus que jamais besoin d’être actifs dans l’examen des actions menées par les gouvernements,


5. Que les journalistes et les rédacteurs doivent maintenir leur indépendance rédactionnelle et doivent se défendre contre l’autocensure,


6. Que les syndicats et les associations indépendants de journalistes doivent jouer un rôle essentiel dans la défense de la liberté de la presse, l’autorégulation et l’indépendance rédactionnelle.


7. Que toutes les restrictions vis-à-vis de la liberté de mouvement des journalistes, les pressions exercées sur eux pour révéler leurs sources d’information et la manipulation des médias par des dirigeants politiques dans les domaines liés à la sécurité sont inacceptables,


8. Que le rôle vital joué par le journalisme indépendant dans sa recherche et sa présentation au public de l’impact sur l’ensemble de la société des changements de politique dans le domaine de la sécurité aux niveaux national et mondial est crucial pour l’avenir de la société démocratique,


9. Que la FIJ devrait :


a. publier la nouvelle version, mise à jour, de son rapport intitulé Journalisme, libertés civiles et guerre au terrorisme dans le cadre de la Journée de la Liberté de la Presse 2005,

b. devrait lancer une nouvelle campagne mondiale au sein des syndicats de journalistes, pour développer la prise de conscience sur l’impact de la coopération des politiques sécuritaires sur les libertés civiles et le droit de rapporter des nouvelles,

c. promouvoir des débats à l’échelle nationale et internationale sur le besoin de vigilance professionnelle, de conduite éthique et du renforcement de la capacité des journalistes à travailler sans pression politique,

d. réaffirmer la politique de la FIJ sur l’importance du pluralisme, de la liberté de la presse et de forme transparente de gouvernement au niveau national et international, et le besoin de tolérance dans le journalisme, tel qu’adopté à Bilbao lors de la conférence internationale sur ce sujet en 1997,

e. s’allier avec d’autres syndicats, des activistes des droits de l’homme et des groupes de la société civile pour créer une coalition efficace contre les attaques à l’encontre des libertés civiles et des droits démocratiques.




Bilbao, 3 avril 2005