La FIJ demande la libération d’un journaliste arbitrairement détenu en Gambie

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a demandé aujourd'hui la libération immédiate et inconditionnelle de Dodou Sanneh, un journaliste à la télévision d’état Gambia Radio and Television Services (GRTS). Le journaliste est détenu par les autorités depuis près d’une semaine pour avoir prétendument assuré une couverture biaisée de la campagne de l’opposition pour les élections nationales.


Dodou Sanneh encore appelé Magadou est détenu depuis le vendredi 7 septembre dans les locaux des services secrets gambiens, NIA.


« La Commission électorale indépendante de la Gambie a assuré que tous les partis politiques en lice pour l'élection présidentielle auront accès à la radio et à la télévision d'Etat. Nous ne pouvons pas comprendre qu’un journaliste officiellement affecté à une tâche peut être arrêté pour avoir fait son travail », a dit Gabriel Baglo, Directeur du Bureau Afrique de la FIJ. « Nous condamnons l'arrestation et la détention arbitraires de Dodou Sanneh et nous demandons sa libération immédiate et inconditionnelle ».


Dodou Sanneh a été désigné par la télévision nationale pour la couverture de la campagne nationale d'une coalition de partis d'opposition en compétition pour l’élection présidentielle du 22 septembre. Selon des sources de la FIJ en Gambie, Dodou Sanneh a été remplacé par un autre journaliste avant la fin de la campagne.


« Le 7 septembre la NIA est venue au bureau et a laissé un message demandant à Dodou de se présenter à leur bureau, ce qu’il a fait », a dit à la FIJ une source à la GRTS qui a requis l’anonymat.


Dodou Sanneh est depuis lors détenu dans les locaux de la NIA pour avoir prétendument assuré « une couverture biaisée de la campagne de l’opposition ». Aucune raison officielle n'est donnée pour sa détention mais des sources indiquent qu'elle est liée à un reportage de Dodou sur la défection de 200 militants du parti au pouvoir pour la coalition des partis d’opposition.


Quelques jours avant, le 29 août, la NIA arrêté et détenu pendant cinq heures Amie Sillah militante du genre et journaliste travaillant avec le journal privé Foraya. Amie est également l'épouse de M. Sam Sarr, un dirigeant de l'opposition gambienne. La seule justification que la journaliste a obtenu des agents de la NIA était qu'ils « exécutaient des instructions de leurs supérieurs ».


« Nous invitons la Commission électorale indépendante à s'assurer que cette intimidation des médias s’arrête" a dit Gabriel Baglo. "Le Président Yaya Jammeh de la Gambie ne doit pas continuer à voir des journalistes comme un danger pour son régime mais comme un miroir pour améliorer la démocratie dans le pays ».



Rappel

Plusieurs journalistes gambiens ont été arrêtés et portés disparus ces derniers mois. Malick Mboob, journaliste et chargé de Communication du centre hospitalier Royal Victoria Teaching Hospital est détenu sans aucune charge depuis le 26 May 2006. Ebrima Chief Manneh, journaliste du quotidien pro gouvernemental Daily Observer, est porté disparu depuis le 7 juillet. Certaines sources indiquent que Manneh serait en détention dans les locaux de la NIA, pour des raisons encore inconnues. Sulayman Makalo ancien rédacteur en chef du journal privé Daily Express qui a fait publier un article critique au gouvernement est porté disparu depuis juillet. Lamin Fatty journaliste de The Independent après avoir passé deux mois en prison sans charge, est en procès pour diffusion de fausses nouvelles. Omar Bah du Daily Observer et Musa Saidykhan de The Independent, recherchés par les autorités, sont en fuite depuis mai 2006.



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