La FIJ demande à la CEDEAO et l’Union Africaine de régler la sécurité des journalistes en Gambie

 La Fédération Internationale des Journalistes

(FIJ) a demandé aujourd'hui à la Communauté Economique des Etats de l’Afrique

de l’Ouest (CEDEAO) et à l’Union Africaine (UA) de se  mobiliser pour régler et garantir la sécurité

des journalistes après les arrestations et la détention d'un journaliste en

Gambie.

 

 "Les autorités gambiennes doivent d'abord

dire où se trouve Abdoulie John et le libérer immédiatement. Ce journaliste a

été littéralement kidnappé hier par les services de renseignements. Il est en

grave danger depuis qu'il a été obligé de répondre à des interrogatoires

incessants au siège de l'Agence nationale des renseignements (NIA) toutes ces

dernières deux semaines. Cette arrestation est une nouvelle violation de la

liberté de la presse dans un pays où l'exercice du journalisme indépendant est

un crime depuis que le président Yaya Jammeh est au pouvoir.  La CEDAO et l’Union Africaine ne doivent pas

laisser passer cette énième forfaiture", a déclaré Gabriel Baglo,

directeur Afrique de la FIJ.

 

 Selon le Syndicat de la presse en Gambie (GPU

en anglais), un affilié de la FIJ, le journaliste Abdoulie John, rédacteur en

chef au journal en ligne Joloff News et correspondant de l'Agence Associated

Press en Gambie a été arrêté le lundi 7 janvier 2013 par l'agence nationale des

renseignements. Il y a été convoqué et accompagné plus tôt dans la journée par

un officiel de GPU pour y subir un interrogatoire.

 

 Après quelque temps dans les locaux de la NIA,

Abdoulie John a été forcé à suivre les forces de sécurité chez lui dans la

périphérie de la capitale Banjul où la maison a été perquisitionnée. Il sera

ensuite transporté à bord d'un véhicule de type pickup et n'est plus depuis

lors revenu chez lui. 

 

"Ceci est plus qu'une violation des droits de l'homme,

et plus qu'une torture morale d'un journaliste qui n'a fait que son travail

dans le respect des règles. Nous lui apportons tout notre soutien et tiendrons

les autorités gambiennes pour responsables de tout ce qui pourrait lui

arriver", a ajouté Baglo.

 

Abdoulie

John a été arrêté pour la première fois 

le 9 décembre 2012 par les forces de sécurité sur ordre de la NIA après

une altercation l'ayant opposé au photographe personnel du président Yaya

Jammeh, Mr. Sulayman Gassama qui insistait pour savoir qui avait invité John à

venir  assurer la couverture de la

cérémonie de remise en liberté de 8 soldats sénégalais détenus pendant 14 mois

par les rebelles de Casamance, la région Sud du Sénégal.

 

L'incident

a eu lieu au village gambien de Tambakunda. Le directeur de la NIA avait donné

l'ordre aux forces de sécurité d'arrêter le journaliste qui a été libéré sous

une caution de 1500 dollars US le 10 décembre avec l'ordre de se présenter

chaque semaine à la NIA.

 

Pour plus

d'information, veuillez contacter la FIJ au : + 221 33 867 95 86

 La FIJ représente plus de 600.000 journalistes dans le monde