Lettre au Ministère de la Communication et de la Formation Civique en Togo au sujet de Sylvestre Nicoué

M. Pittang Tchalla

Ministère de la Communication et de la Formation Civique

BP 40 Lomé

TOGO

Fax : +228 221 43 80

Bruxelles, le 15 mai 2003


Votre Excellence,


Je regrette que l’annulation en dernière minute du rendez-vous convenu le lundi 5 mai 2003 à 8h30 avec la délégation de la Fédération Internationale des Journalistes ne nous ait pas permis d’évoquer de façon constructive le cas de M. Sylvestre Nicoué et la situation des journalistes au Togo.


Nous avons appris la libération de M. Nicoué le 7 mai dernier et nous nous en réjouissons. Cette initiative représente un signe encourageant qui pourrait permettre la reprise du dialogue avec les professionnels des médias. Il est dommageable en effet que l’opportunité offerte par la journée Internationale pour la Liberté de la Presse du 3 mai n’aie pas pu conduire à un réel échange de vues, et nous regrettons votre décision de quitter la cérémonie.


Nous espérons que les autorités togolaises souhaitent démontrer par cette nouvelle démarche leur intention de mettre un terme à une logique de confrontation. Nous vous invitons en ce sens à soutenir la démarche de l’Observatoire Togolais des Médias qui cherche à responsabiliser les professionnels pour promouvoir et garantir le respect de l’Ethique et de la Déontologie dans les médias togolais.


En l’état, le code de presse en vigueur au Togo peut être interprété de façon restrictive et fait peser de lourdes menaces sur la liberté d’expression des togolais en général. Nous vous demandons de prendre toutes les mesures nécessaires pour dépénaliser les sanctions menaçant le travail des journalistes et pour leur permettre de rendre compte du débat politique de façon indépendante et libre, sans crainte de représailles.


Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, votre Excellence, l’expression de mes sentiments distingués.



Aidan White

Secrétaire Général