Les journalistes européens soutiennent le projet français de renforcer la protection des sources

La Fédération européenne des journalistes se félicite de la proposition du ministre français de la Justice Pascal Clément de renforcer le droit des journalistes à la protection de leurs sources en inscrivant cette protection dans la loi française sur la presse qui date de 125 ans.


« Vu de loin, on pourrait penser que la loi est trop détaillée sur ce que la presse peut ou ne peut pas faire en France, a déclaré le président de la FEJ Arne König. « Mais cet ajout législatif va accroître la protection des journalistes qui protègent leurs sources, et c’est un pas important dans la bonne direction. »


Pascal Clément a fait cette annonce hier lors d’une réunion organisée par les éditeurs de presse français, au cours de laquelle s¹est exprimé le secrétaire général de la FEJ Aidan White, qui a vigoureusement défendu le principe d’un moindre contrôle judiciaire de la presse et de davantage d’indépendance, y compris la reconnaissance d’une seule charte déontologique pour les journalistes et son incorporation dans la convention collective nationale.


« Lorsqu’il s’agit de la déontologie ou de la protection des sources, les meilleures solutions sont des mesures simples et pragmatiques qui reconnaissent les droits rédactionnels », a-t-il dit.


Il a ajouté que l’approche légale française de la liberté de la presse et de la vie privée, très pointilleuse, contraste avec celle qui prévaut dans d¹autres pays européens, notamment la Suède ou la Grande Bretagne, où il n¹y a pas de lois protégeant la vie privée. Mais le renforcement de la base légale permettant de protéger les sources journalistiques, promise de puis longtemps, n’avait que trop tardé en France.


La protection des sources n’est pas explicitement mentionnée dans la loi de 1881 sur la presse mais fait l’objet d¹une simple référence dans le Code de procédure pénale au sujet des témoignages dans les affaires judiciaires.


Selon Pascal Clément, les juges pourraient conserver les documents journalistiques sous scellés jusqu’à ce qu¹une décision soit prise, et la même mesure s’appliquerait aux collaborateurs tels que les traducteurs et les techniciens.


Les journalistes souhaitent que cet amendement soit soumis au Parlement après les vacances parlementaires d’été et que les syndicats soient pleinement associés à la mise en œuvre de ce principe tant dans la loi sur la presse que dans le Code de procédure pénale.

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