Yémen : 20 cas de violations des droits des médias les trois premiers mois de 2022, selon le YJS

Le Syndicat des journalistes yéménites (YJS) a enregistré 20 cas de violations de la liberté de la presse dans le pays entre le 1er janvier et le 31 mars 2022, à savoir des détentions arbitraires, des agressions physiques ou encore des menaces. La Fédération internationale des journalistes (FIJ) se joint à son affilié yéménite pour dénoncer la violence incessante exercée contre les professionnels des médias par les groupes belligérants au Yémen. De plus, les organisations exhortent les autorités à prendre des mesures de toute urgence pour assurer la sécurité des journalistes.

Journalists and mourners carry the body of TV reporter Adib al-Janani who was killed in an attack on Aden airport. Credits: AHMAD AL-BASHA / AFP

Parmi les cas de violations enregistrés par le YJS, on compte deux détentions, six fermetures de chaînes de radio, cinq attaques contre des organisations de presse et des journalistes ainsi que des professionnels des médias qui ont été arrêtés et torturés. 

De plus, le syndicat révèle que deux journalistes supplémentaires ont été arrêtés dans l’exercice de leur fonction alors que le journaliste Fawaz Al-Wafi a été tué dans la ville de Taiz par les hommes dont l’identité est inconnue. 

Selon le YSJ, les houthis sont les responsables de 11 de ces cas. Depuis 2015, ils ont été accusés de l’arrestation de quatre professionnels des médias, à savoir Abdulakhleq Amran, Akram Al-Waleedi, Hareth Humaid et Tawifq Al-Mansoori, qui ont été torturés en prison. Actuellement, ces détenus se trouvent dans le couloir de la mort, car la Cour de sûreté de l’État de Sanaa, placée sous le contrôle d’Ansar Allah (les houthis), les a condamnés à mort. 

 La FIJ et le YJS ont lancé un appel d’urgence à leurs membres et à la communauté mondiale des journalistes afin qu’ils participent à la campagne lancée en vue de faire pression sur les autorités houthies pour qu’elles libèrent nos collègues et leur laissent la vie sauve.

En outre, le gouvernement yéménite a été impliqué dans quatre de ces cas, dont celui de l’arrestation de la journaliste et militante en faveur des droits des médias, Hala Fouad Badawi, par les services de renseignements militaires du pays. Elle a été privée de liberté en raison de ses publications sur les réseaux sociaux, dans lesquelles elle réclamait l’amélioration de ses conditions de vie et demandait des comptes aux responsables de la corruption au sein d’institutions gouvernementales.

Les cinq autres atteintes aux droits des médias ont été commises par des individus inconnus.

Le YJS précise également que six chaînes de radio ont été suspendues au cours des trois derniers mois, car elles ne disposaient pas de permis de travail et ne payaient pas les frais exigés par les autorités houthies.

« Le ministère de l’Information impose des restrictions aux chaînes de radio telles que des frais de licence et de renouvellement très élevés ainsi que la nécessité de fournir des détails concernant les revenus issus de la publicité et les données personnelles des employés », explique le rapport.

Anthony Bellanger, Secrétaire général de la FIJ, a déclaré : « Le premier rapport de 2022 prouve que la situation ne s’est pas améliorée au Yémen. Nous espérons que le Conseil présidentiel, nommé récemment, qui est chargé de parvenir à un cessez-le-feu définitif et de trouver une solution politique à la guerre, fera de la sécurité des journalistes ainsi que de la liberté de la presse l’une de ses principales priorités. Nous espérons également qu’il prêtera une attention particulière à la libération des quatre journalistes condamnés à mort pour avoir simplement exercé leur métier. »

For more information, please contact IFJ on +32 2 235 22 16

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