Vietnam : Un journaliste condamné à la « rééducation » pour diffamation

Le 7 avril, Phan Bui Bao Thy a été condamné à un an de cours de « ré-éducation » obligatoires pour diffamation par le tribunal populaire de Quảng Trị. La Fédération internationale des journalistes (FIJ) condamne cette peine et exhorte les autorités vietnamiennes à annuler toutes les charges retenues contre le journaliste.

Journalist Phan Bui Bao Thy. Credit: Twitter

Le tribunal populaire a condamné Phan Bui Bao Thy pour avoir intentionnellement diffamé les chefs d’État sur les réseaux sociaux. Les citoyens condamnés à une peine de « rééducation » sont autorisés à vivre en dehors de la prison, mais sont tenus de suivre des cours obligatoires sur le droit et les règlements locaux du Vietnam.

Selon Asia Politik, le journaliste, directeur du bureau régional du magazine d’État Giao Duc va Thoi Dai (« Âge et éducation »), a été inculpé en vertu de l’Article 331 du Code pénal vietnamien.

Les autorités ont convenu de la peine du journaliste au terme de cinq jours de délibérations.

Le tribunal a évoqué les 79 messages sur Facebook publiés par le journaliste, mais aussi par l’homme d’affaires vietnamien Le Anh Dung, entre avril 2020 et février 2021. Il a affirmé que ceux-ci portaient atteinte à « la réputation, l’honneur et la dignité » des dirigeants de l’État. L.A. Dung a été condamné à la même peine pour une période de 18 mois.

Le journaliste est le deuxième citoyen à être inculpé en vertu de l’Article 331 du Code pénal vietnamien en une semaine. En effet, Nguyen Hoai Nam a été condamné à trois ans et demi de prison le 5 avril pour avoir publié un rapport critique sur l’État.

L’Article 331 sanctionne les personnes qui abusent prétendument « des droits à la liberté et à la démocratie pour porter atteinte aux intérêts de l’État ainsi qu’aux droits et intérêts légaux des organisations et des individus ».  

La FIJ a déclaré : « Le recours permanent au Code pénal pour emprisonner arbitrairement des journalistes présente des conséquences graves sur la liberté d’expression et la liberté de la presse au Vietnam. La FIJ exhorte les autorités vietnamiennes à abandonner toutes les charges retenues contre le Phan Bui Bao Thy et à permettre aux professionnels des médias de travailler librement, sans être victimes de menaces de harcèlement, d’intimidation ou d’arrestation. »

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