Une autre année de violence pour les journalistes au Pakistan

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) et son syndicat pakistanais (PFUJ) font part de leur profonde inquiétude quant aux misérables conditions dans lesquelles travaillent les journalistes au Pakistan depuis que le Rapport annuel 2014 de la FIJ sur les journalistes et les médias tués a placé le pays en tête de liste des nations les plus dangereuses, avec un total de 14 exécutions.

Le PFUJ parle de l’année 2014 comme l’une des pires de la décennie pour les médias pakistanais, affirmant que pas un seul des cas d’agressions n’a été traduit en justice. Huit des victimes étaient des journalistes et six des professionnels des médias, parmi lesquels Jewan Arian (Ghambat Khairpur), Shan Dhar (Larkana), Irshad Mastoi (Quetta), Afzal Khawaja (Usta Muhammad au Balochistan), Yaqoob Shehzad (Hafizabad), Nadeem Hyder (Hafizabad), Shehzad Iqbal (Mianwali) et Ibrar Tanoli (Abbotabad); ainsi que Muhammad Mustafa (Driver, Express News), Muhammad Abdur Rasool, Muhammad Younas (Quetta), et Waqas Aziz Khan, le chauffeur Khalid Khan, et le vigile Ashraf Arian, tous trois employés à Express News.

Des centaines de journalistes ont été victimes de menaces de mort, de harcèlement, d’enlèvements et des tentatives de meurtre en 2014. Certains ont été forcés de déménager pour plus de sécurité. Le PFUJ affirme également que le Balochistan est la région la plus dangereuse du pays pour les professionnels des médias.

Le syndicat a déclaré : « Tout au long de l’année 2014, les journalistes au Pakistan ont en permanence fait l’objet de menaces de mort, de harcèlement ou d’autres formes de violence que ce soit de la part de l’Etat ou non. Ils ont également affronté d’autres problèmes tels que le chômage, le licenciement, et le non-paiement des salaires mais cela ne représente rien face à la violence à laquelle ils ont été confrontés cette année. »

La FIJ et le PFUJ déplorent aussi le fait que malgré leurs multiples demandes au gouvernement et aux autorités pakistanaises de garantir un environnement sécurisé et favorable aux journalistes, ces derniers sont restés sans protection. Les deux syndicats ont écrit une lettre au Premier ministre, au gouvernement, aux leaders de l’opposition et au chef de la police, leur recommandant vivement de prendre des mesures contre les responsables afin de mettre un terme à l’impunité et à la violence contre les médias.

Le syndicat pakistanais a organisé une multitude de manifestations, de sit-ins, de séminaires, de rassemblements, d’ateliers de formation et de rencontres avec les autorités dans tout le pays afin d’attirer l’attention sur les problèmes d’insécurité et d’impunité que connaissent les journalistes.

Malgré le risque que l’année 2015 soit encore plus difficile pour les professionnels des médias, il espère que l’avenir leur réservera une ère de paix et une atmosphère de travail sereine et les encourage ainsi que les entreprises médiatiques à rester unis pour défendre leurs droits. Il exhorte également les autorités à assurer leur sécurité.

Selon les rapports de la FIJ, 118 journalistes ont été tués en 2014 en raison de leurs activités ou lors d’affrontements armés, soit 13 de plus que l’année précédente. 17 autres sont morts dans des accidents de la route ou lors de catastrophes naturelles.


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