Tunisie : un journaliste emprisonné par un tribunal militaire pour avoir "porté atteinte à la réputation de l'armée"

Le journaliste tunisien Salah Attia, fondateur et rédacteur en chef du journal en ligne Al-Ray al-Jadid, a été condamné à trois mois de prison le 16 août par un tribunal militaire pour des propos qu'il a tenus à la télévision sur le président Kais Saïed et les forces armées. La Fédération internationale des journalistes (FIJ) se joint à son affilié, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), pour demander aux autorités tunisiennes d'abandonner toutes les charges retenues contre lui et exhorter le gouvernement à cesser toute poursuite contre les journalistes.

Tunisian journalists hold the press card during a protest. Credit: Fethi Belaid / AFP

Salah Attia a été arrêté par des policiers le 11 juin, suite à son intervention la veille sur Al-Jazeera à propos d'un conflit présumé entre le président Saïed et l'armée tunisienne.

"La charge d'atteinte à la dignité et à la réputation de l'armée nationale a été retenue contre Attia", a annoncé Samir Dilou, membre de l'équipe de défense du journaliste sur Facebook.

Suite à l'arrestation d'Attia le 13 juin, le SNJT a publié une déclaration dénonçant une politique de deux poids, deux mesures. Les autorités ont en effet tendance à accélérer l'ouverture d'enquêtes contre les opposants, mais n'entament jamais de procédures judiciaires contre leurs alliés. En outre, le SNJT s'est opposé à l'utilisation de procès par des tribunaux militaires contre des civils, qu'ils soient journalistes ou autres citoyen.ne.s.

Il s'agit du dernier épisode en date d'une longue série de persécutions par les autorités visant les journalistes, opposants et professionnel.le.s des médias depuis que le président Saïed s'est emparé de l'ensemble des pouvoirs exécutifs le 25 juillet 2021. Un an plus tard, le Président s'est vu accorder des pouvoirs absolus avec l'approbation officielle du projet de constitution par référendum. La FIJ et le SNJT ont fait part de leurs inquiétudes quant aux menaces que les nouveaux amendements font peser sur la liberté des médias.

Anthony Bellanger, le secrétaire général de la FIJ, a déclaré : "Nous nous joignons au SNJT pour condamner les poursuites de journalistes en tant que civils devant des tribunaux militaires, ce qui constitue une violation flagrante de l'état de droit et s'apparente à de la pure intimidation. Nous demandons en outre au Président Saïed d'honorer ses promesses répétées de respecter les droits humains fondamentaux en Tunisie, y compris la liberté d'expression et l'indépendance des médias. Les autorités tunisiennes doivent cesser de cibler la presse et libérer sans délai tou.te.s les journalistes arrêté.e.s."

For more information, please contact IFJ on +32 2 235 22 16

The IFJ represents more than 600,000 journalists in 146 countries

Follow the IFJ on TwitterFacebook and Instagram

Subscribe to IFJ News