Tunisie : plusieurs journalistes agressé.e.s par les forces de l’ordre lors de manifestations

Des journalistes et manifestant.e.s ont été attaqué.e.s au gaz neurotoxique par les forces de sécurité à Tunis le 22 juillet, lors d'une manifestation contre le projet de constitution qui a été adopté le 25 juillet. La Fédération internationale des journalistes (FIJ) se joint à son affilié, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) pour condamner les violences ciblées envers les journalistes et les manifestant.e.s, et demander aux autorités judiciaires d'enquêter sur ces attaques.

Security forces attacked journalists and demonstrators in a protest in Tunis on 22 July. Credit: Fethi Belaid / AFP

Lors de cette manifestation contre le projet de constitution proposé par le Président tunisien Kaïs Saïed, les manifestant.e.s et journalistes ont été pris.es à partie, attaqué.e.s sans motif avec un gaz neurotoxique et agressé.e.s à coups de matraques et de coups de pied. Plusieurs blessé.e.s graves ont été recensé.e.s 

Selon la SNJT, des membres de son bureau exécutif ont été directement la cible de ces violences policières, y compris Mohammed Yassine Jelassi, le président du syndicat, dont le visage a été aspergé de gaz neurotoxique, nécessitant des soins urgents. Plusieurs agressions étaient motivées par des violences basées sur le genre et avaient également une connotation sexuelle. 

Organisées le long de l’avenue Habib-Bourguiba à l’appel d’organisations de la société civile ainsi que de formations politiques, ces manifestations ont été réprimées violemment par le ministère de l’Intérieur. Des centaines d’agents ont été mobilisés pour réprimer et harceler les manifestant.e.s désarmé.e.s. En plus des blessés nécessitant une aide médicale, plusieurs arrestations illégales de jeunes manifestants ont eu lieu, malgré le droit de manifester garanti dans la Constitution.

Le projet de constitution, finalement adopté par référendum populaire le 25 juillet, accorde les pleins pouvoirs au président. La FIJ et le SNJT ont fait part de leurs inquiétudes quant aux menaces que les nouveaux amendements font peser sur la liberté des médias. 

Le SNJT appelle les autorités judiciaires à assumer leurs responsabilités et à engager une enquête sur les pratiques policières arbitraires qui ont ciblé des dizaines de Tunisiens et de Tunisiennes. Le syndicat réclame que la loi soit appliquée et qu’on mette fin à l'impunité des agresseurs.

Selon le dernier communiqué de la SNJT : “Le Syndicat national des journalistes tunisiens tient également à réaffirmer son appui absolu à toutes formes de manifestation, de protestation, de rassemblement et d'expression, considérées comme des acquis les plus importants de la Révolution”.

Le secrétaire général de la FIJ, Anthony Bellanger, a déclaré : “Nous appelons les autorités tunisiennes à mettre fin à cette forte répression visant les journalistes. Tous les travailleurs et travailleuses des médias doivent pouvoir exercer leur travail et leur liberté d’informer sans subir de violences”.

For more information, please contact IFJ on +32 2 235 22 16

The IFJ represents more than 600,000 journalists in 146 countries

Follow the IFJ on TwitterFacebook and Instagram

Subscribe to IFJ News