Sri Lanka : Les journalistes commémorent le « Janvier Noir »

À l’occasion de la commémoration annuelle du « Janvier Noir » le 28 janvier, des groupes de médias sri-lankais ont demandé au gouvernement du pays de prendre de réelles mesures afin de mettre fin à l’impunité des crimes contre les journalistes. La Fédération internationale des journalistes (FIJ) exprime sa solidarité avec ses affiliés au Sri Lanka : le Free Media Movement (FMM), la Federation of Media Employees Trade Union (FMETU), et la Sri Lanka Working Journalists Association (SLWJA) et encourage le gouvernement sri-lankais à mener une enquête sur les multiples meurtres et disparitions des professionnels des médias.

Journalists display protest boards in front of the Jaffna Main Bus Stand to commemorate the Black January. Credit: SLWJA

Des groupes de médias sri-lankais et d’organisations qui luttent pour la liberté de la presse ont organisé une manifestation le 28 janvier 2022 devant la gare de Colombo-Fort à Colombo. Les manifestants distribuaient des dépliants et sollicitaient la solidarité du public. 

« Tous les journalistes assassinés au Sri Lanka ont perdu la vie pour la seule et unique raison qu’ils essayaient de révéler la vérité et de défendre la démocratie dans le pays. Jusqu’à présent, personne n’a pu rendre justice aux familles de ces journalistes tués », peut-on lire dans leur communiqué conjoint.

À Batticaloa, une veillée aux chandelles a été organisée à Jaffna (Colombo) le 31 janvier, durant laquelle des journalistes ont brandi des drapeaux noirs à l’occasion de la commémoration du « Janvier Noir ». Les groupes ont exigé des comptes auprès du gouvernement sri-lankais qui n’a effectué aucune enquête sur les crimes contre les journalistes et les organisations de médias commis par le passé. 

Tout au long du mois de janvier, le FMM, la FMETU et la SLWJA, affiliés à la FIJ, ont mené des discussions en ligne, un programme de protestation et des campagnes d’information qui traitent du thème suivant : « Garantir la justice aux journalistes assassinés, agressés, menacés ou victimes de disparition forcée ».

Depuis de nombreuses années, des organisations qui luttent pour la liberté des médias commémorent le « Janvier Noir » afin de mettre en exergue les intimidations, les meurtres et les disparitions forcées dont sont victimes les journalistes au Sri Lanka, et plus particulièrement durant le mois de janvier. 

En effet, le 6 janvier 2009, on a mis le feu au studio Sirasa. Seulement deux jours plus tard, le 8 janvier 2009, Lasantha Wickrematunge, le rédacteur en chef de l’hebdomadaire Sunday Leader, a été assassiné. Le 24 janvier 2006, Subramanium Ramachandra, un journaliste tamil qui s’était installé à Jaffna a été tué. Finalement, le 24 janvier 2010, le journaliste Prageeth Eknaligoda a disparu. 

Le président sri-lankais actuel, Gotabaya Rajapaksa, qui à l’époque était ministre de la Défense, aurait dirigé une unité qui a été accusée d’avoir assassiné L. Wickrematunge en 2009. G. Rajapaksa nie toutes les accusations. 

Upali Thennakoon, rédacteur en chef du Rivira, journal publié en cinghalais, et Lal Hemantha Mawalage, directeur d’information pour la chaîne de télévision publique Rupavihini, ont respectivement été attaqués le 30 janvier 2011 et le 23 janvier 2008. 

« Le gouvernement sri-lankais a laissé l’impunité se répandre. Le “Janvier Noir” a mis en exergue le nombre important de meurtres de journalistes, de disparitions forcées, d’attaques et de fermetures des médias. La FIJ soutient les journalistes et les professionnels des médias et demande au gouvernement sri-lankais d’enquêter immédiatement sur les crimes actuels et passés contre les journalistes afin de traduire en justice les responsables de ces crimes », a déclaré la FIJ. 

 

 

 

 

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