Le syndicat indonésien appelle à une augmentation du salaire minimum

La Fédération internationale des journalistes se joint à son syndicat indonésien, Aliansi Jurnalis Independen (AJI), et appelle à l’augmentation du salaire minimum des journalistes en Indonésie, à l’issue d’une enquête sur les rémunérations qui mettait en évidence les dangers des bas salaires dans le secteur des médias.

La FIJ et l’AJI exhortent les gouvernements provinciaux d’Indonésie et les organisations médiatiques à s’assurer que les journalistes reçoivent un salaire décent pour protéger l’indépendance des médias.

En 2014, l’AJI et la Fédération des professionnels des médias en Indonésie (FSPMI) ont mené une enquête au sein de 60 entreprises médiatiques qui a révélé que la majorité d’entre elles offrent un salaire inférieur au Salaire minimum provincial (UMP).

L’organisation prétend que les bas salaires et l’aide sociale accordée aux journalistes exposent de plus en plus cette profession à la corruption, très répandue dans le pays.

L’AJI et la FSPMI affirment que les reporters qui ne couvrent qu’une même région avec seulement une année d’expérience et les employés permanents récemment engagés doivent gagner au moins 6,5104 millions de roupies indonésiennes (450€) par mois pour pouvoir vivre et assumer leurs frais liés à leur profession, y compris les coûts liés à l’achat de nourriture, de vêtements, au logement et à leur travail.

A Jakarta, l’UMP pour l’année 2015 s’élève à 2,7 millions de roupies (187€) par mois, alors que les conditions de vies minimales décentes (KHL) requièrent un minimum de 2,5 millions de roupies (173€) par mois. Selon l’enquête, le salaire moyen en Indonésie est de 3 millions de roupies (208€) par mois.

L’AJI a déclaré : « C’est une situation très dangereuse pour la liberté de la presse car si cette dernière est contrôlée par les intérêts personnels des gens, elle ne servira plus l’intérêt publique ».

Jane Worthington, directrice adjointe du bureau Asie Pacifique de la FIJ a affirmé : « Les journalistes assument la lourde tâche de tenir compte de l’influence et de la corruption auxquelles ils sont exposés. S’ils ne sont pas bien payés et qu’ils ne reçoivent aucune compensation financière pour les risques qu’ils encourent dans leur profession, ils sont en proie à la corruption. Il faut à tout prix lutter contre ce risque, chaque fois que l’occasion se présente. »

« Nous sommes au fait de la quantité de défis auxquels le journalisme est confronté en Indonésie. Il y joue un rôle important de gardien de la société dont la valeur doit être prise en compte dans les salaires et des conditions décentes pour les journalistes, afin que ces derniers puissent faire leur travail sans subir de pressions économiques pour survivre. »

La FIJ et l’AJI exhortent toutes deux le gouvernement local à garantir que le salaire minimum sera augmenté selon les recommandations du FSPMI et de l’AJI.


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