La FIJ consternée par l’assassinat d’un nouveau journaliste américain

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a appelé à une action internationale pour améliorer la protection des journalistes couvrant les événements en Irak et en Syrie après la décapitation brutale du journaliste américain Steven Sotloff.

Après l'exécution de James Foley, le 19 août, le groupe djihadiste "L'État islamique en Irak et en Syrie (ISIS)" a mis en ligne mardi des séquences vidéo montrant l'exécution barbare de Steven Sotloff.

"Nous nous joignons à la condamnation internationale de cet acte lâche et nous exprimons nos condoléances les plus profondes et les plus sincères à la famille et aux collègues de Steven Sotloff," a déclaré le président de la FIJ, Jim Boumelha."Face à ces actions extrêmes et odieuses, la communauté internationale doit prendre position : elle ne doit plus tolérer une telle cruauté et prendre des mesures pour protéger les journalistes et le personnel travaillant pour les médias pris pour cible. »

"Compte tenu des incidents déplorables de ces dernières semaines, nous demandons aux journalistes travaillant dans cette région de rester vigilants et de prendre toutes les mesures pour assurer leur sécurité."

Agé de 31 ans, Steven Sotloff était un reporter aguerri et connaissait très bien le Moyen Orient pour s’y être rendu à de nombreuses reprises ces dix dernières années. Natif de Miami (USA), il était journaliste indépendant et travaillait notamment pour l’hebdomadaire Time, pour la publication Foreign Policy ou pour le journal World Affairs.

« Comme James Foley il y a deux semaines, Steven Sotloff a été assassiné ; son exécution filmée était destinée à terroriser et à dégoûter le monde, a déclaré de son côté Bernie Lunzer, le président de la Newspaper Guild International. Parce qu'ils sont prêts à risquer leur vie pour raconter le quotidien des endroits les plus reculés du monde, les journalistes ont toujours représenté des cibles vulnérables pour les ravisseurs.»

Il a ajouté: «Le meurtre des témoins qui, courageusement, tentent de comprendre et d'expliquer les conflits est une attaque contre la civilisation elle-même."

20 journalistes sont toujours détenus dans la région

La Syrie et l'Irak restent les pays les plus dangereux au monde pour les journalistes. Cette année, quatre confrères ont été tués en Syrie, tandis que sept ont trouvé la mort en Irak. On pense que près de 20 journalistes sont toujours détenus dans la région. Depuis le début de l’année dans le monde, 79 journalistes ou personnel travaillant pour les médias ont perdu la vie dans l’exercice de leur fonction.

De même, les journalistes qui couvrent le Moyen-Orient et le monde arabe sont invités à lire les consignes de sécurité de la FIJ ; elles ont été publiées dans un guide rédigé en arabe.