Journée mondiale contre l'impunité des crimes commis contre les journalistes : transformer les paroles en actes

En ce jour de la troisième commémoration de la Journée des Nations Unies contre l'impunité des crimes visant des journalistes (2 novembre), la Fédération internationale des journalistes (FIJ), la première organisation mondiale de journalistes, qui compte 600.000 membres, a mis aujourd'hui les gouvernements au défi de faire preuve de volonté politique dans la lutte contre l'impunité qui prévaut pour la violence envers les professionnels des médias dans le monde.

La FIJ, qui a enregistré 66 meurtres depuis le début de l'année 2016, rend responsables les gouvernements de la crise de la sécurité des médias, incapables de forcer ceux qui menacent, attaquent et tuent les journalistes et les professionnels des médias à rendre compte de leurs actes.

La commémoration de la Journée des Nations Unies marque le début de la campagne longue d’un mois menée par la FIJ et ses affiliés pour mettre fin à l'impunité, avec un accent particulier cette année sur quatre pays: l'Inde, le Mexique, le Pakistan et le Yémen.

"Le taux ridiculement bas d’enquêtes et de poursuites concernant la violence dans le journalisme a renforcé l'impunité, qui alimente à son tour le bain de sang en cours", a déclaré le Président de la FIJ Philippe Leruth. «Tant que la clameur des représentants des gouvernements dans les salles de réunion de l'ONU lors de l'adoption par les États des résolutions visant à protéger les journalistes ne trouve pas un écho dans l'action réelle sur le terrain, la situation est peu susceptible de s’améliorer".

La Fédération, qui a un statut d'associée auprès de l'UNESCO, l’agence des Nations Unies à la tête du Plan d'action des Nations Unies pour la sécurité des journalistes et la question de l'impunité, cite les derniers chiffres de l'Organisation sur la question et ceux-ci dressent un sombre tableau.

Selon l'UNESCO, les meurtres de moins d’un journaliste sur dix sont poursuivis devant les juridictions nationales alors qu’on ne donne aucune suite à 92% des incidents dans lesquels la violence a été utilisée pour réprimer la liberté d'expression, ce qui donne une immunité totale aux criminels.

Dans le cadre de sa campagne mondiale lancée il y a de nombreuses années pour mettre fin à l'impunité, la FIJ organise le 7 novembre à Bruxelles une grande conférence internationale sur cette question sous le titre: «Transformer les mots en actions». La conférence réunira des journalistes, des universitaires, des représentants d'organisations internationales ainsi que des parents de journalistes morts alors qu’ils remplissaient leur mission d’informer. Il s’agira de débattre des stratégies pour que les législations locales, nationales et internationales soient appliquées afin que justice soit rendue aux victimes.

La liste des pays ayant dénombré le plus de décès en 2016, établie par la FIJ, comprend des zones de guerre comme l'Afghanistan (11 morts), l'Irak (7), la Syrie (5), le Yémen (5) et le Pakistan (5). Mais la violence a également coûté la vie à des journalistes qui ont dénoncé la criminalité et les abus de pouvoir au Mexique (8), en Inde (5), au Guatemala (5) et au Brésil (3).

"Ces niveaux de violence sont inacceptables et les gouvernements doivent faire face à leurs responsabilités et prendre des mesures draconiennes contre ceux qui attaquent les journalistes", a ajouté Anthony Bellanger, Secrétaire général de la FIJ. "La FIJ reste déterminée à lever l'ombre de violence qui plane sur le journalisme et cette conférence va permettre de mettre en exergue les meilleures façons de pousser les gouvernements à appliquer la loi afin que les médias et les journalistes soient mieux protégés."


Pour de plus amples informations, veuillez contacter la FIJ au + 32 2 235 22 16

La FIJ représente plus de 600 000 journalistes dans 140 pays

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