Journée des Nations contre l’impunité: Les Etats doivent protéger les professionnels des médias contre la spirale de la violence

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) observe la première journée des Nations unies contre l’impunité en demandant aux gouvernements du monde entier, d’agir contre les violences à l’encontre des journalistes. Cet appel intervient au moment où des actes d’intimidation, d’abus et de violence contre les professionnels des médias connaissent une escalade sans précédent.

L’Assemblée générale de l’Onu a adopté la journée contre l’impunité pour la violence ciblant les journalistes le 18 décembre 2013. Cet événement annuel qui se tiendra le 2 novembre sera célébré pour la première fois dimanche et marquera le premier anniversaire de l’assassinat de deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont and Claude Verlon, tués au Mali l’année dernière.

La commémoration de cette journée survient alors que près de 100 journalistes ont perdu la vie depuis le début de l’année 2014, selon les statistiques de la FIJ (http://ifj-safety.org/en) La flambée de violence dans les pays comme le Pakistan, la Syrie, Irak, la Palestine et l’Ukraine fait craindre d’autres pertes en vies humaines.

A ce jour, le Pakistan dénombre 13 journalistes tués, suivi par l’Irak qui enregistre 9 morts ; même bilan en Palestine à la suite du conflit de l’été dernier alors qu’on déplore 7 victimes en Ukraine, en Syrie et en Afghanistan. De même, la menace provenant de l’Etat Islamique en Syrie et en Irak représente un nouveau danger pour les journalistes.

« L’année 2014 restera dans les mémoires, explique Jim Boumelha, le président de la FIJ. Les autres années sont tragiques, mais les images macabres montrant les décapitations des journalistes américains James Foley et Steven Sotloff ne nous quitteront jamais. Il s’agit d’un nouveau danger, du jamais vu jusqu’à présent, et que nous devons combattre ».

« Nous saluons la création d’une Journée des Nations unies contre l’impunité, mais il faudrait beaucoup plus pour convaincre les gouvernements de prendre leur responsabilité en matière de protection et de sécurité des journalistes», a-t-il poursuivi.

Pour sa campagne contre l’impunité, la FIJ invite ses affiliés et leurs membres à se mobiliser pour exiger que les gouvernements des pays, qui ont le plus grand nombre de journalistes tués, enquêtent sur ces crimes et engagent des poursuites judiciaires contre leurs auteurs.

M. Boumelha encourage les affiliés de la FIJ « à faire de leur mieux pour nous aider à juguler ce terrible fléau et sauver la vie de nos collègues », avant d’ajouter que « nous pouvons faire beaucoup. Une seule chose n’est pas permise : ne pas agir ».

La Journée de l’Onu se tient à quelques jours d’un autre événement important prévu le 23 novembre qui commémorera le massacre de Maguindanao aux Philippines, qui a coûté la vie à 32 journalistes lors de la plus sanglante attaque contre les médias en 2009. Depuis 2011, cette date a été adoptée par les organisations membres de l’International Freedom Exchange (IFEX) comme Journée mondiale contre l’impunité.

La campagne de la FIJ se déroulera du 2 au 23 novembre, avec différentes activités : déclarations, messages vidéos, campagnes sur les réseaux sociaux et sur la plateforme Thunderclap.

Pour des renseignements supplémentaires concernant la campagne contre l’impunité et comment y participer, merci de visiter le site de la FIJ www.ifj.org.