Inde : Un journaliste tué dans une explosion d’EEI en Odisha

Le 5 février, Rohit Biswal, journaliste installé en Odisha, a été tué par un engin explosif improvisé (EEI) qui aurait été posé par des rebelles maoïstes. La Fédération internationale des journalistes (FIJ) et son affiliée, la National Union of Journalists d’Inde (NUJ-I), condamnent la violence répétée contre les journalistes en Inde. Elles exigent également que les autorités indiennes accélèrent leur enquête et qu’elles poursuivent les responsables en justice.

Journalist Rohit Biswal. Credit: Twitter

Rohit Biswal, résident du village de Madanpur-Rampur situé dans le district de Kalahandi, s’est rendu à Damba Karlakhunta afin d’enquêter sur les affiches qui ont été placardées par les membres du Parti communiste d’Inde (maoïste). Ces derniers invitent les citoyens à boycotter les prochaines élections du Panchayati Raj. 

Selon la police d’Odisha, le journaliste a été tué sur le coup lorsqu’un EEI, posé à l’origine pour blesser les membres de la police, a explosé après que R. Biswal a pris des photos et s’est approché des affiches. 

« Soutenue par l’État, cette violence est exercée sous couvert des élections. Tous les citoyens doivent boycotter les élections. Les unités de la CRPF doivent se retirer de la région. Les droits des habitants doivent être déterminés », peut-on lire sur ces affiches. Le commissaire électoral de l’état d’Odisha a prévu les élections du Panchayati Raj pour le 16 février 2022.  

Dans une publication sur Twitter, Naveen Patnaik, ministre en chef d’Odisha, a exprimé ses condoléances à la famille du défunt et ajoute : « Le gouvernement condamne fermement la violence des maoïstes et prendra immédiatement des mesures contre les responsables. »

La police de Kalahandi et la Central Reserve Police Force (CRPF) ont commencé à enquêter sur la mort du journaliste. Après l’incident, le gouvernement d’Odisha a annoncé qu’il versera une compensation financière de 1 300 000 roupies indiennes (environ 15 210,00 euros) à la famille de la victime. 

R. Biswal est le premier journaliste tué en Inde en 2022. Selon le Rapport de la FIJ sur les journalistes tués, quatre journalistes indiens, à savoir Sulabh Srivastava, Chenna Kesavulu, Raman Kashyap et Budhinath Jha ont été tués dans le cadre de leur fonction en 2021. 

Ras Bihari, Président de la NUJ-I, a déclaré : « La NUJ-I demande au ministre en chef, Naveen Patnaik, d’assurer une protection adéquate des journalistes qui travaillent dans des régions dominées par les maoïstes. Nous exigeons également la promulgation du Journalist Protection Act — loi relative à la protection des journalistes — dans le pays. »

Anthony Bellanger, Secrétaire général de la FIJ, s’est exprimé : « Le décès de Rohit Biswal prouve à nouveau le manque de sécurité et de protection des journalistes en Inde. Ils font face à des situations dans lesquelles leurs vies sont mises en danger ou dans lesquelles ils font partie des dommages collatéraux. Le gouvernement indien doit prendre davantage de mesures pour s’assurer que les responsables seront poursuivis en justice. »

 

 

 

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