Élections au Sri Lanka : la FIJ inquiète de l’accès de violence

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) fait part de son inquiétude face à l’escalade de violence précédant les élections présidentielles au Sri Lanka. Elle appelle une nouvelle fois à garantir la liberté des médias et la sécurité des journalistes pendant et après les élections.

Aujourd’hui, les Sri Lankais élisent leur nouveau président. Parmi les candidats, l’actuel président Mahinda Rajapaksha espère entamer un troisième mandat après avoir demandé une élection anticipée en novembre, soit deux ans plus tôt que prévu. Son principal adversaire, Maithripala Sirisena, bénéficie du soutien du parti de l’opposition, ainsi que de la plupart des partis représentant les minorités ethniques du pays : les tamouls et les musulmans.

La FIJ a reçu des rapports faisant état de l’accès de violence durant la période de préparation des élections, ainsi que des rapports portant sur un soi-disant abus des médias publics qui, par exemple, poussent ouvertement le peuple à voter pour le Président Rajapaksa. Le commissaire des élections du Sri Lanka a lancé des avertissements à l’encontre de plusieurs entreprises médiatiques afin qu’elles s’abstiennent de parler de « propagande électorale».

Un rapport de surveillance de la violence électorale, rédigé par le Centre de contrôle de la violence électorale (CMEV) a mentionné que depuis le 6 janvier, on ne compte pas moins de 237 « incidents majeurs » et 183 « incidents mineurs » lors de la campagne électorale, ainsi qu’une dizaine de cas d’attaques, de menaces ou de dégâts matériels. Le CMEV a également signalé « un abus sans précédent des ressources de l’Etat et des médias publics » de la part du parti au pouvoir.

Selon les rapports, des troupes ont été déployées au nord de Wanni, région dominée par les tamouls, et dans l’ancienne zone de guerre peu de temps avant les élections, une action qui pourrait bien enfreindre les règles électorales du Sri Lanka. La police est responsable du contrôle des centres de vote.

Vu l’historique de violence, de troubles civils et d’agression des médias lors des élections dans ce pays, la FIJ pousse le gouvernement et le ministère en charge des élections de mettre en œuvre tout ce qui est en leur pouvoir pour garantir la liberté des médias et la sécurité des journalistes.

Le bureau Asie Pacifique de la FIJ a affirmé : « Le monde entier a les yeux rivés sur le Sri Lanka et nous encourageons le gouvernement à respecter la liberté d’expression ainsi que les droits des médias de faire connaitre toutes les opinions, un point essentiel pour le processus démocratique du pays. »

La FIJ exhorte également le commissaire des élections à prendre les mesures nécessaires pour assurer que les élections se déroulent de manière libre et juste, et pour créer une atmosphère paisible dénuée de toute forme de violence ou de menaces pour des élections libres et justes, preuve d’une opinion publique de confiance. Elle fait également pression sur tous les médias et journalistes du Sri Lanka pour qu’ils restent professionnels lors de leurs reportages, qu’ils respectent leur code de conduite et qu’ils veillent à leur propre sécurité lors de ces élections.

Depuis 2005, plus de 80 journalistes sri lankais ont été forcés de quitter le pays. D’autres, comme le caricaturiste particulièrement respecté Prageeth Eknaligoda, ont tout simplement disparu.

Le bureau Asie Pacifique de la FIJ a déclaré : « Cette journée nous rappelle également de façon douloureuse les problèmes auxquels la liberté de la presse fait face au Sri Lanka puisqu’à la date du 8 janvier, cela fera cinq ans que le rédacteur en chef du Sunday Leader, Lasantha Wickrematunge, a été assassiné. Cette affaire reste dans les mémoires comme un exemple typique de la lutte que mène le Sri Lanka pour la justice et la liberté de la presse. »

« Etant donnés les antécédents de violence lors des élections au Sri Lanka et les informations de la FIJ concernant la tendance nationale à l’intimidation et à la violence dont sont victimes les médias indépendants ou ceux qui critiquent le gouvernement, nous restons très inquiets quant au bien-être des journalistes qui travaillent actuellement au Sri Lanka. »

D’après la FIJ, il incombe aux autorités nationales de s’assurer que tous les Sri Lankais puissent exercer leur droit à la participation politique et à la liberté d’expression sans subir de contraintes telles que l’intimidation, les menaces ou la violence.

Près de 15 millions de personnes ont le droit de voter mardi afin d’élire un président pour six ans. Le vote promet d’être très serré.


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