Chine : Une journaliste australienne jugée à Pékin

La journaliste australienne Cheng Lei sera jugée ce 31 mars à Pékin, après avoir été détenue pendant 19 mois pour atteinte à la sécurité nationale. La Fédération internationale des journalistes (FIJ) et son affilié australien, l’Alliance des médias, du divertissement et des arts (MEAA), exhortent le gouvernement chinois à abandonner les accusations envers Cheng et à la libérer immédiatement.

Australian journalist and broadcaster Cheng Lei. Credit: Twitter

Cheng Lei était présentatrice pour le média national chinois China Global Television Network (CGTN) pendant huit ans avant d’être arrêtée en août 2020 et accusée d’avoir « divulgué des secrets d’État à une organisation ou un individu étranger ».

Le 26 mars, le cabinet de la ministre australienne des Affaires étrangères, Marise Payne, a confirmé que Cheng serait jugée le 31 mars, ajoutant « nous attendons que les principes fondamentaux de justice, d’équité procédurale et de traitement humain soient respectés, conformément aux normes internationales. »

L’affaire Cheng sera jugée à huis clos par le tribunal intermédiaire populaire numéro deux de Pékin. D’après le droit pénal chinois, un individu reconnu coupable d’avoir fourni des secrets d’État ou des renseignements à l’étranger encourt une peine de cinq à dix ans, voire la prison à vie si le crime est considéré comme grave. 

Cheng Lei est née en 1975 à Yueyang, dans la province du Hunan, et a émigré en Australie avec ses parents à l’âge de dix ans. Elle a deux enfants âgés de dix et douze ans. Ils sont tous les deux retournés en Australie lors du début de la pandémie de Covid-19 et sont actuellement pris en charge par la famille de Cheng à Melbourne. 

Cette affaire est apparue au moment où les tensions entre l’Australie et la Chine se sont intensifiées, à la suite de la demande du gouvernement australien, en 2020, de mener une enquête indépendante sur l’origine du Covid-19. Pékin a répondu en imposant des restrictions et des mesures répressives sur les exportations australiennes. 

La MEAA a déclaré : « Nous exhortons le gouvernement chinois à abandonner les charges retenues contre notre collègue, et à exprimer sa compassion en l’autorisant à retourner chez elle en Australie afin d’être avec sa jeune famille. »

La FIJ a déclaré : « Cheng Lei est détenue depuis 19 mois et les autorités n’ont toujours pas révélé de détails quant aux allégations faites contre elle. La FIJ exprime son inquiétude face au manque de transparence dans l’affaire. Nous demandons à ce que les autorités chinoises abandonnent les charges arbitraires retenues contre Cheng et la libèrent immédiatement afin qu’elle puisse retourner chez elle en Australie. »

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