Australie : le projet de loi sur la conservation des données menace la protection des sources journalistiques

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) se joint à son affilié australien, l'Alliance pour les médias, le divertissement et les arts (MEAA), afin de désapprouver la recommandation publiée par le Comité mixte sur les renseignements et la sécurité du Parlement australien. En effet, le Comité appelle à voter pour le projet de loi sur l'amendement des télécommunications (interception et accès) et de la conservation des données de 2014. La FIJ et la MEAA exhortent le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour garantir la protection des journalistes et de leurs sources.        

L'amendement de la législation sur la conservation des données représente le troisième projet de loi concernant la sécurité nationale que le gouvernement australien présente en six mois. Le projet, qui prévoit des peines pouvant aller jusqu'à 10 années d'emprisonnement, menace les lanceurs d'alerte et l’éthique des journalistes consistant à protéger l'identité de leurs sources confidentielles. Le comité a systématiquement ignoré les inquiétudes de la MEAA et des autres organisations médiatiques à propos de la loi sur la conservation des données. Il a préféré choisir de réviser les implications de la loi en matière de liberté de la presse seulement après le vote anticipé de la législation au Parlement.      

En outre, la recommandation 27 du rapport du Comité confirme que l'un des objectifs du projet de loi est de pouvoir déterminer « l'identité des sources des journalistes ». Cela laisse penser que le Comité permettra aux agences gouvernementales de piocher dans les métadonnées des journalistes à la recherche de sources confidentielles.      

La MEAA a déposé une requête auprès du Comité pour obtenir des mesures de protection des sources journalistiques. Dans cette demande, l'association déclarait : « Toute tentative pour renforcer le contrôle des journalistes et de leurs sources par des moyens intrusifs, telle que la conservation des données proposée dans le projet de loi, affaiblira la capacité des journalistes à surveiller les actes des dirigeants et à les forcer à assumer leurs responsabilités. »      

Le futur Président de la MEAA, Paul Murphy a annoncé : « Les politiciens qui ont voté pour ces trois lois concernant la sécurité nationale ne peuvent se vanter d’être des défenseurs de la liberté de la presse ou de la liberté d'expression - ce serait tout à fait le contraire. Ils ont déjà présenté des mesures dont l'effet se montre catastrophique pour le journalisme. Ainsi, ils bâillonnent la voix qui devrait retentir haut et fort dans une démocratie saine. Nous sommes témoins d'un dénouement abject. »        

Il a ajouté : « Ces législations représentent l'atteinte la plus grave à la liberté de la presse commise en Australie, en tant de paix. À lui seul, ce triptyque législatif constitue un cadre durable de contrôle de l'information par le gouvernement. Dans son application, il porte atteinte à la liberté d'expression, au droit au respect de la vie privée, au droit d'accès à l'information et à la liberté de la presse. »

La directrice adjointe du bureau Asie Pacifique de la FIJ, Jane Worthington a déclaré : « Partout dans le monde, la liberté de la presse est menacée. Malheureusement, ce nouveau projet de loi vient aggraver la répression de l'information et du droit à l'information dans la région. La protection des sources journalistiques est une garantie clé pour assurer un partage d’informations volontaire et libre parmi les citoyens. La tentative d’extension du contrôle du gouvernement australien ne fera qu'affaiblir la liberté de la presse et la démocratie dans le pays. »  

Pour de plus amples informations, veuillez contacter la FIJ Asie Pacifique au  +61 2 9333 0946 

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