La FIJ lance des lignes directrices pour lutter collectivement contre le harcèlement en ligne des femmes journalistes

Le harcèlement en ligne sur les réseaux sociaux et les sites web concerne les femmes journalistes de tous horizons politiques, religieux et ethniques. L'un des principaux aspects de ces attaques est qu'elles sont sexuées et sexualisées. Pourtant, de nombreuses femmes ciblées en ligne reçoivent peu de soutien de la part de leurs médias et, jusqu'à présent, de nombreux syndicats ont développé des outils limités pour éradiquer ce fléau. A la veille de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, la Fédération internationale des journalistes (FIJ) lance de nouvelles lignes directrices pour aider les médias et les syndicats à apporter une réponse collective au harcèlement en ligne.

Credit: IFJ

Une enquête de la FIJ menée en 2017 a montré que 43 % des femmes interrogées avaient été soumises au harcèlement en ligne. Selon une enquête de la FIJ de 2018, seulement la moitié des victimes d'abus en ligne (53%) ont signalé les attaques à leur direction, au syndicat ou à la police, et dans deux tiers des cas rien n'a été fait.  

Dans ses lignes directrices, la FIJ aide les médias et les syndicats à prendre des mesures contre les abus en ligne.

Considérant que les employeurs des médias ont le devoir d'assurer un lieu de travail sûr et de fournir un mécanisme solide permettant aux femmes de se manifester et d'être protégées lorsqu'elles sont la cible d'abus en ligne, la FIJ appelle à une sensibilisation et une formation accrues du personnel, en insistant sur l'importance de définir la misogynie, d'agir davantage pour améliorer la modération en ligne des commentaires haineux, de former les journalistes à la sécurité numérique et d'engager la responsabilité des intermédiaires des plateformes en ligne . La FIJ recommande également l'envoi de messages publics collectifs aux femmes qui ont été ciblées par du cyberharcèlement afin d'éradiquer l'idée qu'elles seraient isolées.

Les médias doivent également réfléchir à leurs propres pratiques en matière d'égalité des sexes et examiner les inégalités au sein de leur propre structure et les préjugés sexistes dans leurs reportages.

Maria Angeles Samperio, présidente du Conseil du genre de la FIJ, a déclaré : "L'un des principaux aspects du harcèlement en ligne est que la personne ciblée se sent isolée et impuissante. Une réponse collective est nécessaire par le biais de politiques internes, de législation et de signes extérieurs de soutien. Nous voulons donner aux collègues femmes victimes de violence un message clair que le harcèlement en ligne n'est pas tolérable et qu'elles ne sont pas seules. En tant qu'employeurs, les médias ont le devoir d'assurer la sécurité au travail et les abus en ligne doivent être considérés comme une question de sécurité et de santé".

La FIJ a également appelé les syndicats à adopter des mécanismes solides pour soutenir leurs membres féminins. L'importance de se familiariser avec la législation en vigueur et de faire campagne en faveur d'un changement législatif est essentielle, ainsi que de fournir une page web avec tous les contacts nécessaires et les mesures que les femmes peuvent prendre en cas d'abus. Les syndicats devraient également offrir aux femmes membres un espace pour prendre la parole et former leurs membres à la lutte contre le harcèlement en ligne et à l'identification des trolls.

La FIJ appelle  également ses affiliés à faire campagne au niveau national pour la ratification de la Convention 190 de l'OIT sur la violence et le harcèlement adoptée en juin 2019. Cette convention reconnaît la violence sexiste, y compris en ligne, comme une question de santé et de sécurité.

Le président de la FIJ, Younes Mjahed, a déclaré : "Nous nous sommes joints aux Fédérations syndicales internationales pour demander aux gouvernements du monde entier de ratifier la convention de l'OIT. C'est la seule convention qui s'adresse à la violence sexiste, y compris en ligne, et elle est de la plus haute importance dans notre industrie. La violence sexiste, ainsi que le harcèlement en ligne, doivent être considérés comme une question de santé et de sécurité et les travailleurs des médias doivent être légalement protégés lorsque leur environnement de travail n'est pas sûr. Les employeurs des médias ont le devoir d'assurer un lieu de travail sécuritaire et la présente Convention le permettra".

La FIJ appelle tous ses affiliés à se joindre aux 16 jours d'activisme en faisant campagne pour la ratification de la Convention de l'OIT.

Consultez la campagne de la FIJ sur le cyberharcèlement.

Consultez les activités menées par les affiliés de la FIJ contre le cyberharcèlement

For more information, please contact IFJ on +32 2 235 22 16

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