Rapport annuel de la FIJ sur les journalistes tués, le Mexique reste le pays le plus meurtrier

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) publie ce 4 février son rapport annuel détaillé des 49 journalistes tués dans le monde en 2019. La plus grande organisation mondiale de journalistes demande un réel engagement des gouvernements contre l'impunité des crimes commis contre les professionnels de l'information et exige des employeurs des médias qu’ils organisent des formations en sécurité et fournissent des polices d'assurances et du matériel adapté à leurs équipes sur le terrain.

Credit: IFJ

Le 31 décembre 2019, la FIJ publiait sa liste des professionnels des médias tué.e.s  dans l'exercice de leur fonction, faisant état de 49 journalistes tués en 2019, dont 3 femmes, soit deux fois moins que les années précédentes.

Le rapport publié le 4 février propose une analyse régionale de l’état de la sécurité de la presse ainsi que des informations détaillées sur les circonstances de la mort des 49 professionnels des médias recensés cette année.

L’Amérique latine est la région qui enregistre le plus grand nombre de morts (18 ) suivie de l'Asie-Pacifique (12) et de l'Afrique (9), puis du Moyen-Orient et du monde arabe (8) et de l'Europe (2).

La FIJ dresse deux constats. Tout d’abord, les menaces, harcèlements, emprisonnements ou assassinats n'ont plus lieu dans des pays en guerre. D’autre part,  les victimes sont principalement des journalistes locaux. Dans la majorité des cas, ce sont des articles et des reportages sur les abus de pouvoir, la corruption et la criminalité qui ont suscité violences et assassinats ciblés.

Pour l’Amérique latine et les Caraïbes, l’année 2019 a été marquée par une violence continue contre les journalistes et les travailleurs des médias, avec 18 décès confirmés, soit 37% de l’ensemble des morts dans le monde.

Le Mexique reste le pays le plus dangereux de la région, mais aussi du monde, avec 10 assassinats. Le journalisme y est largement menacé par les cartels du crime organisé et la faiblesse du pouvoir politique fait craindre le pire pour les prochaines années. La FIJ y déplore également des dizaines de cas d'assassinats de journalistes non résolus durant la dernière décennie.

La région d’Asie-Pacifique a vu son nombre de morts fortement diminuer en 2019 passant de 32 à 12 morts recensés en Afghanistan (5), Inde (1), Pakistan (4) et aux Philippines (2). Pourtant, la violence systématique contre les médias persiste au fil des ans. Les menaces persistantes dont font l'objet la presse, le manque de réaction des services de police, le défaut d’investigation et l’impunité pour les crimes commis contribuent à maintenir un sentiment d’insécurité. Parmi les 12 morts, 8 journalistes ont été directement ciblés par des tirs. C’est le cas de Mirza Waseem Baig, journaliste originaire du Punjab au Pakistan, abattu devant chez lui par trois hommes armés.

En Afrique, la sécurité des journalistes reflète les tendances mondiales avec 9 morts en 2019, enregistrés en République démocratique du Congo (1), au Ghana (1), au Nigeria (1), au Tchad (1), en Somalie (3), en Libye (1) et en Zambie (1). Une fois encore, la Somalie se retrouve « en tête » du macabre palmarès africain, avec les assassinats des journalistes Mohamed Homar Sahal et Hodan Nalayeh, victimes d’un attentat à la bombe perpétré par des militants islamistes d’Al-Shabaab, et le caméraman Abdinasir Abdulle Ga'al tué lors d’une attaque qui visait une base militaire dans la région de Shabelle.

Pour la deuxième année consécutive, le Moyen Orient et le Monde arabe ont vu le nombre d’assassinats reculer : la région déplorait en effet 20 morts en 2018 et 25 en 2017. La FIJ en recense 8 en 2019 en Irak (1), en Syrie (5) et au Yémen (2).

La FIJ déplore un manque de sécurité flagrant dans la région, alors que des milliers de journalistes ont dû quitter leur maison ou leur pays à cause de leurs écrits. Depuis plus de 10 ans, la FIJ organise aux côté de ses affiliés des formations sur la sécurité dans la région.

En Europe, deux journalistes ont été tué.e.s en 2019 : Lyra McKee, abattue alors qu’elle couvrait une émeute à Derry, en Irlande du Nord, et Vadym Komarov, tué à la suite d’une violente attaque par des individus non identifiés du centre-ville de Tcherkassy, en Ukraine. La Plateforme du Conseil de l’Europe pour la protection et la sécurité des journalistes, à laquelle contribue régulièrement la FIJ, a également enregistré 38 cas d’impunité en Europe en 2019, dont 14 meurtres et disparitions de Serbes, Kosovars et Albanais.

Depuis 1990, année de lancement de la publication de la liste des morts dans la profession, la FIJ a déploré 2530 décès de journalistes.

La Fédération poursuit son travail de lutte contre l’impunité en exigeant des gouvernements qu’ils prennent leur responsabilité dans le manque d’investigation qui entoure les meurtres de journalistes et demande une Convention internationale pour la protection et la sécurité des journalistes. Elle se réjouit par ailleurs de la condamnation fin 2019 aux Philippines des commanditaires du massacre de 32 journalistes à Maguidanao le 23 novembre 2009.

For more information, please contact IFJ on +32 2 235 22 16

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