Afghanistan : un journaliste tué le premier jour de l’année 2021

Le premier jour de l’année 2021, Bismillah Adil Aimaq, journaliste et militant des droits de l’homme afghan, a été assassiné par des tireurs non identifiés dans le village de Dara-e-Taimoor, situé dans la province afghane de Ghor. La Fédération internationale des journalistes (FIJ) et son affilié local l’Association des journalistes indépendants afghans (AIJA) condamnent ce meurtre odieux et exhortent le gouvernement à ouvrir d’urgence une enquête indépendante ainsi qu’à punir les coupables.

Journalist Bismillah Adil Aimaq. Photo: The Bharat Express.

Bismillah Adil Aimaq avait 28 ans et était le rédacteur en chef de la radio Voice of Ghor. Alors qu’il rentrait en voiture à Feroz Koh, la capitale de la province, après avoir rendu visite à sa famille dans un village environnant, des individus lui ont tiré dessus. Selon des médias, Arif Abir, porte-parole du gouverneur provincial, a déclaré que les autres passagers à bord du véhicule, dont le frère du rédacteur en chef, étaient sains et saufs. Les assaillants ont directement fui les lieux. Jusqu’à présent, aucun groupe actif dans le pays n’a revendiqué l’assassinat. En outre, le porte-parole des talibans Zabihullah Mujahid a nié l’implication du mouvement dans cet acte.

La semaine dernière, le journaliste avait révélé la menace de mort qu’il avait reçue sur Facebook. De plus, d’après l’AIJA, le reporter a subi deux agressions en 2020. It a d'abord été attaqué à son domicile le 8 novembre, puis a survécu à une tentative d’assassinat quatre jours plus tard. Malgré le dépôt de plaintes officielles auprès de la police, y compris via le syndicat, cette dernière n’a pas pris l’affaire au sérieux. Bismillah Adil Aimaq laisse derrière lui une femme, deux garçons et une fille.

Alors que la violence s’intensifie en Afghanistan malgré les négociations de paix en cours avec les talibans, les assassinats ciblés de journalistes, de militants des droits de l’homme, de responsables religieux et d’activistes de la société civile sont devenus plus fréquents ces derniers mois.

Si Bismillah Adil Aimaq est le premier journaliste à être tué dans une attaque ciblée en 2021, il est aussi le quatrième reporter à être assassiné depuis la publication par l’OTAN et l’UE le 7 décembre 2020 d’un communiqué conjoint dans lequel elles condamnaient les attaques contre les journalistes et les responsables religieux. Le 21 décembre dernier, Rahmatullah Nikzad, journaliste, photographe et dirigeant du Syndicat des journalistes de Ghazni, a été assassiné dans le premier district de la province de Ghazni. De plus, le 12 novembre, le correspondant pour Radio Free Europe Elias Daei a été tué dans un attentat ciblé à la bombe magnétique à Lashkar Gah. En outre, des individus ont abattu la journaliste Malala Maiwand et son chauffeur Mohammad Tahir en tirant sur leur voiture ce 10 décembre.

En réaction à cette affaire, l’AIJA a déclaré : « L’AIJA condamne cet assassinat et adresse ses plus sincères condoléances aux membres de la famille du journaliste décédé Bismillah Adil Aimaq. Nous exhortons les institutions de sécurité à enquêter sur cette affaire et à arrêter les tueurs. »

De son côté, le Secrétaire général de la FIJ Anthony Bellanger a affirmé : « Le meurtre brutal de Bismillah Adil Aimaq le premier jour de l'année témoigne de la situation délicate à laquelle sont confrontés les journalistes en Afghanistan, où au moins huit journalistes ont été tués en 2020. La FIJ demande une enquête impartiale sur cette affaire et la prise de mesures pour punir les coupables. À nouveau, la FIJ exige que le gouvernement afghan intensifie ses efforts en vue de garantir la sécurité des journalistes dans cette région instable. »

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