Journée internationale des droits des femmes: la FIJ demande plus de femmes aux commandes des médias et des syndicats

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée le 8 mars, la Fédération internationale des journalistes (FIJ) a lancé un appel pour rallier les représentants des médias et les responsables syndicaux afin d’offrir plus de visibilité aux femmes au sein de leurs organisations.

Credit: IFJ

La campagne #FemmesALaUne menée par la FIJ a permis de récolter des données et des témoignages inspirants auprès des représentants des médias et des responsables syndicaux du monde entier qui contribuent à « faire bouger les lignes » en faveur de l’égalité des genres, dans le cadre d'un mouvement pour encourager davantage de personnes à s'engager.

Les femmes représentent plus de la moitié des étudiant.e.s en journalisme, et pourtant, elles n’occupent que 23 % des postes à responsabilité dans les médias du monde entier et moins de la moitié des emplois (IWMF 2011).

« Ma plus grande frustration, ce sont les obstacles auxquels je me heurte dans ce monde d'hommes », a déclaré María García Zornoza, rédactrice en chef du média numérique Aquí Europa. « C'est beaucoup plus difficile d'être prise au sérieux quand on est une femme, surtout quand on est jeune », a-t-elle ajouté.

 

La FIJ a également déploré que les emplois précaires à faibles salaires soient majoritairement l’apanage des femmes. De plus, elles ont tendance à moins couvrir les sujets politiques ou économiques dans les rédactions, et davantage des sujets dit « doux » tels que la santé et l'éducation. Elles sont également de plus en plus souvent victimes de cyberharcèlement

Les femmes peinent parfois à obtenir des postes de direction au sein des syndicats, et trop peu d'organisations ont adopté une politique claire pour remédier aux inégalités femmes-hommes dans leurs organes de direction et dans leur organisation.

« Je veux voir des femmes occuper des postes de présidente ou de secrétaire générale dans les syndicats, les associations et les réseaux de journalistes. Il faut affranchir les femmes des postes sous-évalués dans les syndicats », a déclaré Raby Simporé, membre du Conseil d'administration de l'Association des journalistes du Burkina Faso.

 

La campagne #FemmesàLaUne de la FIJ rappelle aux syndicats que l'égalité des genres n’est pas une question féminine mais une question syndicale. Elle encourage les femmes journalistes à s'exprimer et exige des mesures pour garantir des pratiques équitables leur permettant d'accéder aux postes de direction. La FIJ exhorte les syndicats à militer activement en faveur d'un changement  - y compris en luttant contre les bas salaires, le travail précaire, les méthodes de recrutement discriminatoires, les inégalités salariales et le harcèlement sexuel dans le monde du travail.

Les militants ont également fait remarquer que l'égalité des sexes dans la gouvernance des médias pourrait bien être l'une des clés d'un journalisme de meilleure qualité.

« Je pense que nous obtiendrons un journalisme de qualité quand les femmes et les hommes seront égaux, même dans les plus hautes sphères dirigeantes. De plus, les conditions de travail s'améliorent lorsque les femmes sont au pouvoir, parce qu'elles apportent un autre regard », a souligné Ulrika Hyller, présidente du Syndicat suédois des journalistes.

 

Philippe Leruth, Président de la FIJ, a déclaré : « Dans l'esprit du Programme d'action de Pékin + 25 de l'ONU, nous devons faire bouger les choses et exhorter les médias et les syndicats à faire tout leur possible pour faire progresser les femmes dans les médias. L'avenir du journalisme passe par l’introspection sur nos façons d'agir et de diriger au quotidien du point de vue des femmes. Prenons un virage et revoyons nos propres structures syndicales, afin de nous assurer que les femmes soient représentées de manière équitable à tous les niveaux et adoptons des politiques solides pour assurer l'égalité des genres. À la veille de notre Congrès mondial, qui se tiendra à Tunis en juin prochain, j'invite tous nos affiliés à envoyer des délégations paritaires mixtes et à encourager les femmes à être élues au sein de nos instances dirigeantes ».

Mindy Ran, co-présidente du Conseil du genre de la FIJ, a ajouté : « Le mouvement syndical dans son ensemble a pris conscience que l'inégalité des sexes est un problème que nous devons le considérer, mais il reste encore un décalage insensé entre cette prise de conscience et les mesures adoptées. Bien que le nombre de femmes élues aux conseils d'administration et aux comités ait augmenté dans certains domaines, la grande majorité d'entre elles luttent encore tous les jours pour faire entendre leur voix, et les vrais changements sont d'autant plus lents que les véritables postes à responsabilité restent inaccessibles ».

« Chaque jour, cela se reflète dans tout le secteur, où le manque de femmes dirigeantes rend notre absence visible aux yeux de tous, et perpétue le maintien du statu quo. Nous demandons à tous les affiliés et à l'ensemble du secteur d'agir maintenant, et pas seulement aujourd'hui, mais tous les jours, pour soutenir les femmes aux postes de direction et pour rendre leur pouvoir visible ».

For more information, please contact IFJ on +32 2 235 22 16

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