Soudan : Les autorités retirent la licence de diffusion d’Al Jazeera Mubasher

Le 16 janvier, les autorités soudanaises ont annoncé la suspension de la licence de diffusion d’Al Jazeera Mubasher, invoquant une couverture « non professionnelle » des manifestations anti-coup d’État. La Fédération internationale des journalistes (FIJ) condamne cette décision et exige que les militaires soudanais mettent fin à la répression contre la liberté des médias dans le pays.

A man chants slogans near a flying Sudanese national flag as people protesting against the military coup in Sudan demonstrate in "Street 60" in the east of capital Khartoum on November 13, 2021. AFP

La chaîne Al Jazeera Mubasher a largement couvert les manifestations contre la prise du pouvoir par l’armée au Soudan, qui ont été marquées par une importante répression contre les manifestants et par une censure des médias.

Selon des médecins pro-démocratie, au moins 64 manifestants ont été tués, tandis que la FIJ a rapporté la fermeture de plusieurs médias et des détentions arbitraires de journalistes. 

Al Jazeera a déclaré que le ministère de la Culture et de l’Information avait suspendu l’accréditation de ses journalistes Mohammed Omar et Badawi Bashir, en raison de la “couverture non professionnelle des affaires soudanaises” et de la diffusion d’“informations incorrectes qui nuisent aux intérêts du pays et à son tissu social.” 

“La chaîne considère cet acte comme une attaque à la liberté de la presse en elle-même et demande aux organisations internationales des médias et des droits de l’homme de condamner cette atteinte à la sécurité des journalistes”, s’exprime un membre d’Al Jazeera.

La suspension de la licence de la chaîne qatarienne implique que cette dernière ne pourra plus couvrir d’évènements dans le pays, tels que les manifestations pro-démocratie.

En novembre 2021, El Musalmi El Kabbashi, chef de bureau d’Al Jazeera, a été arrêté et les forces militaires ont pris d’assaut son domicile, en représailles de la couverture par les médias des protestations civiles émergentes. 

Les autorités soudanaises ont régulièrement arrêté des professionnels des médias et empêché les agences d’effectuer leur travail dans le pays. Plusieurs médias ont même été suspendus. Le dernier incident en date de répression des médias par l’armée soudanaise a eu lieu la semaine dernière lorsque les forces de sécurité ont pris d’assaut le bureau d’Alaraby Television de Khartoum et ont arrêté quatre professionnels des médias. 

Anthony Bellanger, Secrétaire général de la FIJ, a déclaré : “La FIJ exprime sa solidarité avec le personnel médiatique d’Al Jazeera et avec tous les journalistes qui subissent une répression sévère menée par les forces armées soudanaises pour exercer leur métier. La liste des journalises arrêtés et des médias fermés n’arrête pas de s’allonger. Nous demandons à la communauté internationale de ne pas fermer les yeux sur la situation au Soudan. Tous les professionnels des médias arrêtés doivent être libérés immédiatement.” 

 

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