Pétition adressée aux dirigeants de l’Union Africaine : Libérez les journalistes et Arrêtez de contrôler la presse

Son Excellence

le Président Thabo Mbeki

Président de la République d’Afrique du Sud,

Et Président en exercice de l’Union Africaine


Excellence , M. le Président


Objet: Appel aux dirigeants africains pour la libération de tous les journalistes incarcérés et l’abrogation des lois anti-médias pour la liberté d’expression


Nous vous adressons cette pétition pour vous faire part de notre préoccupation quant à l’incarcération et au harcèlement persistants dont sont victimes les journalistes dans la majorité des pays africains pour aucune autre raison que celle de s’acquitter de leur fonction. Nous sommes également très préoccupés quant à la violation constante de la liberté d’expression en Afrique, qui prive les Africains de la chance de participer à un débat démocratique en vue de régler les nombreux problèmes que rencontre le continent.


Parmi la multitude des défis qui interpellent l’Afrique, figurent l’amélioration de l’éducation, des soins de santé, le VIH/SIDA, l’agriculture, la construction de centres scientifiques et technologiques, la mise à disposition de logements adéquats, la résolution des conflits – la paix et la stabilité. Ces défis ne peuvent être relevés sans une participation active des citoyens de l’ensemble des pays africains.


La participation active des citoyens dans la formulation des politiques à mener et des prises de décisions dans leurs pays est toutefois impossible si leurs propres gouvernements continuent de les priver des droits requis, préalables à une telle participation. Il s’agit des droits à la liberté d’expression, d’assemblée, d’association et de participation politique, mais aussi du droit à disposer de médias libres pour faciliter un libre échange de l’information, des idées et des opinions.


Or ces droits continuent à être violés par de nombreux gouvernements en dépit du fait que pratiquement tous les pays africains ont signé et ratifié l’Acte constitutif de l’Union Africaine (UA), la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ; la Déclaration universelle des droits de l’homme et d’autres documents similaires.


Ce 25 mai 2003 a marqué un double anniversaire, celui des 40 années de célébration de la journée de libération de l’Afrique et de la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Le 26 mai 2003 a de la même façon, marqué le second anniversaire de la création officielle de l’Union Africaine.


Nous sommes par conséquent très tristes de noter qu’un nombre plus important d’organes de presse ont été fermés, de journalistes emprisonnés, tués ou poussés à l’exil durant ces 40 dernières années d’indépendance des pays africains que durant les 40 années de luttes anti-coloniales qui ont engendré l’indépendance.


A l’exception de quelques rares gouvernements africains, la plupart ont conservé les lois contre la liberté d’expression et anti-médias d’avant l’indépendance dont se servaient les gouvernements coloniaux pour légitimer l’incarcération des journalistes durant cette époque qui demeure l’une des plus honteuses pour la race humaine. Certains ont même réussi à “améliorer” cette législation répressive.


C’est avec un immense espoir et une espérance sans limite que tous les Africains et amis de l’Afrique ont accueilli le lancement de l’Union Africaine et aspirent à un nouvel avenir fondé sur ses Actes constitutifs. Toutefois, après deux ans d’existence, cette nouvelle institution au dessein courageux n’a réalisé aucun progrès significatif. Pire encore, deux des cinq premiers pays à avoir paraphé son acte constitutif, à savoir l’Erythrée et le Zimbabwe sont en train de transformer la vie des médias en enfer.


C’est pourquoi, nous joignons nos voix aux nombreux appels lancés par des organisations internationales et régionales en direction des dirigeants africains concernés pour :

- la libération sans délai de tous les journalistes emprisonnés,

- la réouverture de tous les organes de presse fermés,

- l’abrogation des lois anti-médias et de la reconnaissance de l’importance d’une presse libre,

- la liberté d’expression et des autres droits associés comme des composants essentiels à la construction de sociétés libres, démocratiques et prospères.


C’est une fois seulement ces appels entendus que l’initiative du NEPAD et toute autre initiative similaire aura un sens réel pour les peuples d’Afrique.


Nous vous prions d’accepter, votre Excellence, l’expression de nos sentiments distingués


Signataires [Liste des signataires]


CC: Gouvernements des pays membres de l’Union Africaine C/oSecrétariat de l’Union Africaine

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Signataires : Merci d'envoyer vos Nom, Organisation, et fonction [le cas échéant, préciser si vous signer à titre personnel ou au nom de votre organisation]; Pays; et site web [le cas échéant],


**Adresse E-mail, [l’adresse ne sera pas rendue publique]


à FreeAfricanMedia@credonet.org en indiquant comme sujet African Union Campaign (Campagne pour l’Union africaine).


Merci de copier votre message à : editor@pambazuka.org



Cette campagne a été lancée dans Pambazuka, la lettre électronique hebdomadaire du continent à grande diffusion, axée sur les questions de droit et de développement. Elle a été initiée par CREDO et FAHAMU et représente la première étape d’une stratégie plus vaste visant à sensibiliser et à concentrer l’attention du monde sur la campagne visant à institutionnaliser la liberté de la presse et la liberté d’expression en Afrique.



L’éditorial de Pambazuka en faveur de cette pétition peut être lu (en anglais) en cliquant ici


Voir également


Communiqué de la FIJ