Les organisations défendant la liberté d'expression appellent le gouvernement tunisien à autoriser la tenue du congrès constitutif du Syndicat indépendant des Journalistes Tunisiens

Déclaration commune des membres de l'IFEX-TMG

Le Groupe d’Observation de la Tunisie au sein de l’IFEX (TMG) exprime sa grande préoccupation face à la récente décision des autorités tunisiennes d’empêcher la tenue du congrès constitutif du Syndicat indépendant des Journalistes Tunisiens le 7 septembre prochain à Tunis.


Steve Buckley, Président du TMG, un groupe fort de 14 membres rassemblant des organisations de défense de la liberté d’expression et des organisations représentant les journalistes, les écrivains, les éditeurs, les bibliothécaires et les radiodiffuseurs au plan mondial, a déclaré : “Ce nouvel épisode d’intimidation et de harcèlement est désolant alors que la date du Sommet mondial sur la Société de l’Information (SMSI) approche à grands pas (Tunis, 14-17 novembre 2005). Les autorités tunisiennes répètent à qui veut l’entendre que les droits de l’Homme sont respectés en Tunisie, alors que les preuves du contraire abondent. Nous appelons les autorités tunisiennes à respecter les libertés d’expression et d’association en ne gênant pas la tenue du congrès constitutif du Syndicat indépendant des Journalistes Tunisiens (SJT) le 7 septembre prochain à Tunis”.


Le Président du SJT, Lotfi Hajji, a en effet une nouvelle fois été convoqué par la police de Tunis le mercredi 24 août 2005. L’interrogatoire a duré près de 4 heures. Il a été informé de la décision des autorités tunisiennes d’empêcher la tenue du congrès constitutif du Syndicat indépendant des Journalistes Tunisiens (SJT) le 7 septembre prochain à Tunis. La police l’a par ailleurs informé qu’elle ne tolérerait pas non plus la tenue du séminaire sur les syndicats de journalistes du Maghreb qui doit également se tenir pendant le congrès le 7 septembre. On lui a à nouveau dit que le SJT était illégal, mais les officiers de police n’ont pas voulu décliner leur identité. Ils ont par ailleurs refusé d’envoyer toute forme de décision écrite au sujet de l’interdiction du congrès à l’avocat du Syndicat. De même, ils n’ont pas été en mesure de lui dire la base légale de cette interdiction. En effet, Hajji a à plusieurs reprises refusé de signer un procès-verbal, malgré les demandes pressantes de la police.


Dans une déclaration diffusée le 25 août 2005, le SJT insistait sur le fait qu’il avait respecté toutes les procédures légales en vigueur depuis sa création en mai 2004. Hajji a par ailleurs informé la police de “la base légale et légitime du Syndicat dans le cadre de la Constitution du pays”.


Dans les jours qui ont précédé et qui ont suivi la journée mondiale de la liberté de la presse (3 mai 2005), Lotfi Hajji avait été convoqué par la Police à plusieurs reprises, brièvement détenu, s'était vu confisquer ses livres à l'aéroport de Tunis et avait été menacé de poursuite en justice quand les autorités s’étaient rendues compte qu'il comptait rendre public le rapport de son Syndicat sur la répression des médias en Tunisie. Le 9 mai 2005, au cours d’une des nombreuses convocations qu’il a du subir cette année, on lui avait demandé la liste des 160 membres du Syndicat, mais il avait courageusement refusé de satisfaire cette requête.


Le groupe d'observation de la Tunisie demande solennellement à la communauté internationale, en particulier ses représentants présents à Tunis, de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour qu'Hajji et le SJT soient traités avec équité et pour mettre un terme au harcèlement qu’ils sont en train de subir.


Les membres du groupe d'observation de la Tunisie sont :


ARTICLE 19, Royaume-Uni

L'Association mondiale des journaux (AMJ), France

L'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC), Canada

Le Centre PEN norvégien, Norvège

Le Comité des écrivains en prison du PEN international (WiPC), Royaume-Uni

La Fédération internationale des journalistes (FIJ), Belgigue

Index on Censorship, Royaume-Uni

International Federation of Library Associations and Institutions (IFLA), Hollande

Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE), Canada

Journalistes en danger (JED), République démocratique du Congo

Media Institute of Southern Africa (MISA), Namibie

L'Organisation égyptienne des droits de l'homme (EOHR), Egypte

L'Union internationale des éditeurs (UIE), Suisse

World Press Freedom Committee (WPFC), États-Unis

Voir également

Communiqué du SJT suite à la convocation de Lofti Hajii par la police tunisienne



Pour plus d'informations, veuillez contacter Bertrand Ginet (FIJ), tél: +32 2 235 22 06, courrier électronique: bertrand.ginet@ifj.org, Alexis Krikorian, Union Internationale des Editeurs (UIE), tél: +41 22 346 30 18, courrier électronique: krikorian@ipa-uie.org ou Steve Buckley de l’AMARC, tel: +44 7801 945037