Les journalistes protestent au niveau international contre “le déni de justice” des autorités américaines en commémorant la mort de journalistes en Irak

La sécretaire general de la FIJ délivre la lettre de protestation devant l'ambassade des Etats-Unis à Bruxelles © Virginia Mayo AP


Des groupes de journalistes à Washington, Londres, Madrid, Bruxelles et dans d’autres capitales mondiales ont délivré aujourd’hui des pétitions et des lettres de protestation, et ont organisé des manifestations pour commémorer le premier anniversaire de l’attaque américaine contre l’hôtel Palestine à Bagdad, dans laquelle deux journalistes ont trouvé la mort.


Ils répondaient à un appel de la Fédération Internationale des Journalistes pour une journée internationale de deuil et de protestation quant aux morts inexpliquées parmi le personnel des médias pendant le conflit et le refus des autorités américaines de rendre public le résultat de leurs propres enquêtes, qui, lorsqu’elles ont été menées, ont exonéré les soldats américains de toute responsabilité.


« Il s’agit de protester contre une culture du secret et de l’impunité » a déclaré Aidan White, le Secrétaire Général de la FIJ. « Mais cette initiative relève avant tout d’une exigence de justice pour les familles, les amis et les collègues de ceux qui sont morts. Ils ont le droit de connaître la vérité ».


En tout, sept journalistes ont péri dans quatre incidents séparés impliquant de soit-disant “tirs amis” par les troupes américaines en Irak, depuis le début des hostilités en mars 2003. Deux journalistes, Taras Protsiuk, qui travaillait pour Reuters, et José Couso, un cameraman du réseau espagnol Telecinco, ont été tués à l’hôtel Palestine, qui a été touché un jour avant la chute de Bagdad.


L’attaque a provoqué un tollé au sein de la communauté journalistique et des groupes de médias lorsque les Etats-Unis ont indûment déclaré que des troupes avaient ouvert le feu depuis l’hôtel. Au delà des morts de l’hôtel Palestine, la FIJ s’interroge sur la mort de Tareq Ayoub, un journaliste tué par une attaque des forces aériennes américaines sur les bureaux de la chaîne Al-Jazeera à Bagdad ; la mort du reporter britannique Terry Lloyd et de ses collègues Fred Nérac et Hussein Osman, dont les corps n’ont pas été retrouvés, dans un échange de coups de feu entre les troupes américaines et irakiennes près de Bassora, et l’exécution par les soldats américains du caméraman de Reuters Mazen Dana en août dernier. La mort des deux employés de la chaîne Al-Arabya sous le feu des troupes américaines le mois dernier ont encore soulevé de graves inquiétudes.


« L’attaque contre l’hôtel Palestine est un incident honteux rendu plus abject par la campagne de désinformation sciemment organisée par les Etats-Unis après l’événement » a déclaré Aidan White. « Elle a fini par symboliser la culture d’impunité qui accompagne le traitement officiel des journalistes en Irak ».


La FIJ a publié un rapport détaillé – “Déni de justice sur la route de Bagdad” - soulignant l’insatisfaction latente au sein de la profession quant au refus des Etats-Unis d’organiser une enquête sérieuse sur ces incidents qui ont tué des journalistes, et a appelé à de nouvelles lois internationales pour protéger les journalistes et imposer des enquêtes approfondies.


Des lettres de protestation et des pétitions signées par des milliers de journalistes et d’employés des médias ont été adressées aux ambassades des Etats-Unis dans les principales capitales par les syndicats et associations membres de la FIJ. « Nous demandons la vérité, purement et simplement », a déclaré Aidan White. « Il n’y a pas de dérogations particulières pour les journalistes ou employés des médias lorsque l’on considère les victimes d’un conflit, mais il est inacceptable que les questions posées sur les circonstances de la mort de nos collègues soient restées sans réponses ».


Pour plus d’informations: + 32 2 235 22 00

La FIJ représente plus de 500 000 journalistes dans plus de 100 pays.