La FIJ s’inquiète du risque de disparition de la presse indépendante en Gambie

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a exprimé aujourd’hui son inquiétude face à la répression que les autorités font subir à la presse indépendante en Gambie où deux journalistes sont en détention et deux autres en fuite.


« Il est aujourd’hui dangereux d’être un journaliste indépendant en Gambie » a déclaré Gabriel Baglo le Directeur du Bureau Afrique de la FIJ. « La dégradation de la liberté de la presse dans le pays nous inquiète énormément. La presse indépendante risque de disparaître si cette situation perdure »


Durant les premières semaines du mois de juillet, la FIJ a constaté de nouvelles menaces sur la liberté de la presse et la sécurité des journalistes. Sam Obi le directeur de publication du nouveau journal privé Daily Express et Abdul Gafar reporter sportif pour le même journal, tous deux de nationalité nigériane, ont été arrêté et détenu pendant quatre jours (du 14 au 17 juillet) par les services secrets de la Gambie, National Intelligence Agency (NIA).


« Nous avons été bien traité, les agents de la NIA ont dit qu’ils n’ont rien contre notre journal et qu’ils veulent juste interroger Sulayman Makalo » a dit Abdoul Gafar à la FIJ.


Sulayman Makalo a été le rédacteur en chef du Daily Express le temps de sa première et seule parution à ce jour. Selon des sources de la FIJ, il serait reproché à Makalo d’être à l’origine de la diffusion dans le journal de la déclaration d’une coalition d’organisations de la société civile dénonçant l’opposition du gouvernement gambien à la tenue d’un forum sur la liberté d’expression en prélude au Sommet de l’Union Africaine dans le pays. Aucune information ne précise si Sulayman Makalo est détenu au secret ou en fuite.


La famille et les collègues d’un autre journaliste Ebrima Chief Manneh, du quotidien pro gouvernemental Daily Observer, sont sans nouvelles de lui depuis le 7 juillet. Certaines sources indiquent que Manneh serait en détention dans les locaux de la NIA, pour des raisons encore inconnues.


Ces récents événements suivent des arrestations et des disparitions de journalistes ces derniers mois. Malick Mboob, journaliste et chargé de Communication du centre hospitalier Royal Victoria Teaching Hospital est détenu sans aucune charge depuis le 26 May 2006. Lamin Fatty journaliste de The Independent après avoir passé deux mois en prison sans charge, est en procès pour diffusion de fausses nouvelles. Omar Bah du Daily Observer et Musa Saidykhan de The Independent, recherchés par les autorités, sont en fuite depuis May 2006.


« Nous exprimons notre solidarité aux journalistes gambiens face à ces conditions de travail difficiles qu’ils vivent et nous appelons le Président Yayah Jammeh à libérer les journalistes arbitrairement détenus et à autoriser la réouverture du journal The Independent » a dit Gabriel Baglo. « Pour le bon déroulement des élections présidentielles de septembre prochain, le Président Jammeh doit favoriser un environnement social apaisé ; ce qui passe par la liberté de la presse, la sécurité des journalistes et le retour des journalistes en exil ».



Pour plus d’informations, merci de contacter le + 221 842 01 43

La FIJ représente plus de 500 000 journalistes dans plus de 110 pays