Des organisations internationales dédiées à la liberté d'expression demandent à la Tunisie de mettre un terme à la censure de l'Internet

- Un nouveau site web recense les nombreuses violations de la liberté d'expression dans le pays -


Tout en lançant aujourd'hui un nouveau site web sur la liberté d'expression en Tunisie, des organisations internationales dédiées à la liberté d'expression mettent au défi le gouvernement tunisien de mettre un terme au blocage de l'Internet dans les mois qui précèdent le Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) qui se déroulera à Tunis en novembre 2005.


Le groupe d'observation de la Tunisie (TMG), une coalition de 13 organisations membres de l'Échange international de la liberté d'expression (IFEX), affirme que la Tunisie doit tenir ses engagements en matière de respect de la liberté d'expression en cessant la pratique qui consiste à bloquer les sites web d'information qui n'hésitent pas à se montrer critique envers le gouvernement tunisien.


Steve Buckley, Président de l'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC) à déclaré : "La société de l'information du futur doit être fondée sur le respect de la liberté d'expression. En préparation du SMSI, ce principe a été accepté par tous les gouvernements dans leur ensemble. Il est intolérable que le pays hôte, la Tunisie, demeure un violateur de premier ordre de la liberté d'expression".


Les organisations internationales dédiées à la liberté d'expression ont recensé la censure systématique de l'Internet par les autorités tunisiennes.

D'après le site web du TMG - http://campaigns.ifex.org/tmg/fr - le gouvernement censure systématiquement l'accès à pas moins de 20 sites web qui offrent une information indépendante et qui fournissent une analyse des questions politiques et de droits de l'Homme en Tunisie. Parmi ces sites web, on trouve : kalimatunisie.com, tunezine.com, tunisnews.net and reveiltunisien.org.


Mark Bench, Président du World Press Freedom Committee (WPFC) a déclaré :

"Le gouvernement tunisien doit démontrer qu'il respecte ses engagements en matière de liberté d'expression en autorisant les citoyens tunisiens à se rendre sur le site web du Groupe d'observation de la Tunisie, ainsi que sur tout autre site web qui parle de politique ou qui aborde la question des droits humains".


Le nouveau site web contient un rapport du TMG intitulé : "Tunisie : liberté d'expression assiégée". Ce rapport recense par ailleurs d'autres violations graves de la liberté d'expression et d'autres droits humains en Tunisie, y compris :


* Le recours à la torture par les forces de sécurité ;

* L'emprisonnement de centaines d'individus ayant exercé leur droit à une libre expression et leur droit d'association ;

* La censure de douzaines de livres et de publications, y compris ceux qui contiennent des informations sur les droits humains ou des écrits en faveur de la démocratie ;

* Le harcèlement des organisations issues de la société civile et des journalistes indépendants.


Le TMG estime que ces abus soulèvent la question du lieu même du SMSI, la Tunisie. Dans une lettre adressée au Président Ben Ali le 25 juin dernier, le groupe a appelé le gouvernement tunisien à mettre un terme aux nombreux abus et à prendre des mesures visant à améliorer les droits humains en Tunisie, y compris :


* La libération immédiate de l'avocat Mohamed Abbou et de Hamadi Jebali, rédacteur-en-chef de l'hebdomadaire interdit Al-Fajr ;

* La fin des sanctions administratives arbitraires et de l'implacable harcèlement policier à l'endroit du journaliste Abdallah Zouari ;

* La libération de tous les livres et toutes les publications interdites - y compris les livres de partisans de la démocratie tels que Mohamed Talbi ou Moncef Marzouki ;

* La fin du harcèlement des groupes issues de la société civile tunisienne, y compris le Conseil national pour les libertés en Tunisie, le Centre pour l'indépendance de la Justice, l'Association pour la lutte contre la torture ou encore l'Association internationale de soutien aux prisonniers politiques.


"La crédibilité même du SMSI sera sérieusement compromise et les autorités tunisiennes assumeront, aux yeux de la communauté internationale dans son ensemble, une large part de responsabilité dans cet état de fait, si des mesures efficaces ne sont pas prises immédiatement pour améliorer les conditions de la liberté d'expression en Tunisie", a déclaré Buckley.


Le site web du TMG est disponible ici : http://campaigns.ifex.org/tmg/fr


Pour plus d'informations, veuillez contacter :


En Europe : Alexis Krikorian, UIE, tél.: +41 22 346 30 18, e-mail : krikorian@ipa-uie.org

En Amérique du Nord : Mark Bench, WPFC, tél.: +1 914 684 0085, e-mail : embench@aol.com


Pour plus d'information sur le site web du TMG, veuillez contacter : mena@ifex.org.


Les membres du groupe d'Observation de la Tunisie au sein de l'IFEX sont :


ARTICLE 19, Royaume-Uni, L'Association mondiale des journaux (AMJ), France,  L'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC), Le centre PEN norvégien, Comité des écrivains en prison du PEN international (WiPC), Royaume-Uni, La Fédération internationale des journalistes (FIJ), Belgique, Index on Censorship, Royaume-Uni, Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE), Journaliste en danger (JED), République démocratique du Congo, Media Institute of Southern Africa (MISA), Namibie, L'Organisation égyptienne des droits de l'homme (EOHR), L'Union internationale des éditeurs (UIE), Suisse World Press Freedom Committee (WPFC), Etats-Unis.


IFEX-TMG est responsable de toute information contenue dans ce communiqué de presse.