La FIJ se réjouit d'un précédent au Tribunal Pénal International de La Haye

La Fédération internationale des journalistes s'est réjouie de la décision, survenue au Tribunal Pénal International de La Haye, de soutenir l'appel du correspondant de guerre, Jonathan Randal, qui a rejetté l'appel de comparution pour témoignage dans un cas de crimes de guerre. " Cette décision pose une norme en matière de justice qui respecte l'indépendance journalistique et les principes de liberté de la presse", a déclaré Aidan White, Secrétaire général de la FIJ, dont la déclaration de soutien au cas Randal avait été envoyée à la Cour.


L'ancien reporter du Washington Post" avait été cité à témoigner dans le cas de l'ancien Premier Ministre Adjoint serbo-bosniaque, Radoslav Brdjanin. Randal motiva son refus par le principe de neutralité des correspondants de guerre, principe qui pourrait se voir compromis si ces correspondants étaient perçus comme des témoins potentiels. "Par leur décision, les juges ont reconnu aux journalistes la possibilité d'exemption à cette mesure obligatoire ", fait remarquer Aidan White. " C'est une avancée importante en matière de reconnaissance internationale du principe de neutralité des journalistes lorsqu'ils exercent leur profession. "


La FIJ considère que les journalistes doivent avoir la liberté de décider eux-mêmes s'ils doivent ou non témoigner. Alors que certains journalistes désirent témoigner, d'autres sont d'avis, à l'instar de Randal, que témoigner devant une cour internationale ouvre la porte à des pressions législatives toujours plus grandes visant à dévoiler les sources d'information et permet à la police, à tous niveaux, de tenter d'utiliser les journalistes comme des témoins potentiels. " Cette décision signifie que nous pouvons désormais envisager la nouvelle Cour Internationale criminelle dans un esprit d'ouverture ". " Il est important que cette décision de justice serve de précédent dans l'avenir ".


" Nous devons examiner de plus près ce que les juges ont déclaré ", dit Aidan White, " car ils n'ont pas accordé de privilège absolu aux journalistes comme ils l'ont fait pour d'autres groupes comme le personnel humanitaire international. Mais c'est un jugement de référence qui signifie que les Cours doivent être convaincues de ce que le témoignage d'un journaliste est crucial pour décider du verdict avant qu'un journaliste ne soit appelé à apporter des preuves.