La FIJ demande la libération d'un correspondant après cent jours de détention en Guinée Equatoriale.

La Fédération Internationale de Journalistes (FIJ)

exige des autorités de la Guinée Equatoriale la libération du journaliste

Rodrigo Angüe Nguema, emprisonné depuis trois mois pour « diffamation »

suite à une plainte déposée par Mamadou Jaye, directeur de la compagnie

aérienne Ceiba Internationale. 

Rodrigo Angüe Nguema qui fut correspondant de Radio

France Internationale  et de l'agence AFP pendant onze ans est poursuivi

pour des informations qu'il aurait diffusées sur les rumeurs concernant la fuite

présumée de Mamadou Jaye. Selon ces rumeurs, le directeur de Ceiba

Internationale aurait fuit le pays en emportant avec lui une somme de 3,5

milliards de francs CFA (environ cinq millions et demi d'euros).

«Rodrigo vient de  passer cent jours en prison, malgré que le

procureur n'a trouvé aucun délit à lui reprocher », a déclaré Paco Audije, secrétaire général adjoint de la FIJ,

« En plus, le tribunal de Malabo avait  rejeté l'accusation le premier septembre et récemment

l'AFP a même publié les déclarations de M. Jaye répondant aux rumeurs contre

lui. Rodrigo ne doit pas rester un seul jour de plus en prison».

Rodrigo Angüe Nguema est détenu dans la sinistre

prison de Black Beach, où les conditions de détention sont considérées comme les

plus dures et dangereuses dans les prisons africaines « Nous sommes préoccupées

par la sécurité de notre collègue », a dit Gabriel

Baglo, directeur du bureau régional de la FIJ :

« Angüe Nguema a été longtemps le seul correspondant des médias étrangers

à l'intérieur de la Guinée Equatoriale ».

Le juge Agustín Ocampo a ordonné son incarcération

le 17 juin à défaut de pouvoir payer la caution de 20 millions de francs CFA

(plus de 30.000 euros

Plusieurs collègues équato-guinéens ont déclaré à

la FIJ que Rodrigo Angüe Nguema était le dernier journaliste indépendant qui

continuait à travailler en Guinée Equatoriale, puisque d'autres comme Joaquín

Mbomio Bacheng, Francisco Zamora Loboch, Donato Ndong Biyogo et Pedro Nolasco

Ndong Obama se trouvent en exil en France et en Espagne.

Le ministre de l'information de la Guinée

Equatoriale a déclaré au moment de la détention que le gouvernement n'avait

rien à voir avec l'incarcération de Rodrigo Angüe Nguema.

La FIJ demande la libération immédiate du

journaliste et tient le gouvernement du président Teodoro Obiang pour responsable

de toute atteinte à la santé physique et mentale du journaliste.

Si vous

voulez plus d'information, veuillez appeler au + 32 2 235 22 07

La FIJ

représente environ 600.000 journalistes dans 123 pays