La FIJ condamne le harcèlement de neuf journalistes et syndicalistes en RD du Congo

La Fédération Internationale des Journalistes, qui représente plus de 500 000 journalistes dans le monde, a exprimé aujourd’hui sa grave préoccupation quant au sort de neuf syndicalistes de la chaîne publique RTNC (radiotélévision nationale congolaise), qui ont été lourdement condamné, lundi 5 janvier, pour diffamation et dénonciation calomnieuse à l’endroit de M. Kikaya bin Karubi, ancien ministre de la communication et de la presse.


« La gravité des sanctions retenues témoigne d’un mépris scandaleux pour la démarche de représentants syndicaux et ne fait que confirmer les menaces portées sur l’ensemble de la profession en RDC » a déclaré Aidan White, Secrétaire Général de la FIJ. « Il s’agit d’une réelle et inacceptable tentative d’intimidation.»


Les représentants des journalistes et agents de la chaîne publique ont été condamnés par le tribunal de Paix de Kinshasa/Gombe à 12 mois de prison ferme et au paiement des dommages et intérêts de 2.500 USD chacun pour avoir adresser un mémo aux plus hautes autorités du pays demandant le limogeage du ministre Kikaya et dénonçant des détournements de fonds et d’équipements de sa part. Cette initiative faisait suite à la réunion d’une assemblée générale des journalistes et agents de la RTNC fin février 2003 qui avait demandé la démission du ministre et la réhabilitation du PDG suspendu de la RTNC, M. Luboya Mvidie.


Les neuf journalistes et agents de la RTNC ont appris leur condamnation à 12 mois de prison par voie de presse. Ils ont fait appel de la décision du tribunal le 7 janvier 2004, et attendent le procès en appel en vaquant normalement à leur travail au sein de la RTNC. Il s’agit de Mme Mvidie Tshendende, M. Richard Kalala Tshitenge, M. Shango Mpanya, M. Soki Muanda Monimambu, M. Lambert Gusonega, Mme Batudianga Beta, M. Nkanza Landi, M. Innocent Mantuala et M. Basilua Matambila. Par ailleurs, un caméraman, John Ngomba, a été suspendu de ses fonctions pour avoir filmé et diffusé la fronde des journalistes et agents de la chaîne publique.


« Nous exprimons notre total soutien aux démarches du Syndicat National des Professionnels de Presse (SNPP) et de ses représentants pour résoudre cette affaire, » a déclaré Aidan White, « et nous demandons instamment aux autorités congolaises de mettre un terme au harcèlement exercé contre les journalistes et leurs délégués syndicaux. »


La FIJ a appelé l’ensemble de ses membres à exprimer leur solidarité aux syndicalistes et aux journalistes incriminés.



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La FIJ représente près de 500 000 journalistes dans plus de 100 pays.