La Conférence de la FIJ intitulée «Le Journalisme dans l'ombre des lois anti-terroristes» exige que l'on rende aux journalistes la place qui leur revient dans le débat sur le terrorisme

Les journalistes doivent reprendre leur place dans le

débat sur le terrorisme et refuser d'être mis à l'écart par le recours à la rhétorique

de sécurité nationale qui a été utilisée pour étouffer l'examen des politiques gouvernementales

après les attaques du 11 septembre aux États-Unis. Cet appel a été lancé

à l'ouverture de la Conférence  sur les

lois anti-terroristes organisées par la Fédération Internationale des

Journalistes (FIJ) et son groupe européen, la Fédération Européenne des Journalistes

(FEJ).

D'éminents journalistes

et défenseurs des droits de l'homme ont déclaré dans le cadre de cette

conférence que la législation adoptée à la suite des attentats dans le cadre de

la guerre contre le terrorisme a eu un effet paralysant sur le journalisme dans

de nombreux pays, permettant ainsi aux gouvernements d'échapper au contrôle du

public.

«Le rôle des médias en tant que chiens de garde de la démocratie a été réduit,

même dans les démocraties avancées», a déclaré le Président de la FIJ, Jim

Boumelha, dans son allocution d'ouverture. «Des restrictions à la liberté de la

presse ont été introduites sous le couvert de la sécurité nationale."

Les participants à la Conférence a pu entendre que les lois anti-terroristes

avaient permis aux agences gouvernementales responsables de l' application de

la loi d'exercer une surveillance sur les journalistes, dont certains ont été

contraints de révéler leurs sources et ont dû faire face à des accusations pour

avoir publié des informations présumées préjudiciables à la sécurité nationale.

Ce nouvel environnement médiatique a limité la capacité des journalistes de couvrir

de manière indépendante les questions liées au terrorisme.

"Il y a eu une réticence à faire état de politiques menées par les

gouvernements par  crainte d'être du

mauvais côté", a déclaré Arne König, Président de la FEJ.

John Nichols, journaliste et auteur américain, a déclaré que le journalisme

après les attaques a été réduit, aux Etats-Unis, à des informations de base, complétées

par des commentaires politiques de personnes ayant des intérêts politiques.

Les experts en droits de l'Homme exhortent les gouvernements à relever le défi

de combattre le terrorisme tout en restant fidèles aux valeurs fondamentales de

respect de la primauté du droit et des droits humains fondamentaux.

«Le langage de la guerre

contre le terrorisme a permis aux gouvernements d'instaurer plus facilement des

mesures qui répriment la liberté des médias et les droits fondamentaux", a

déclaré Mary Robinson, ancienne Présidente d'Irlande et ancien Haut Commissaire

des Nations unies aux droits de l'Homme. "Après le 11 septembre, la

législation anti-terroriste a sapé l'intégrité journalistique et a découragé

les voix critiques."

La guerre contre le terrorisme a également augmenté les risques pour les

journalistes qui font face à des arrestations et des enlèvements, alors qu'ils

couvrent des conflits en Afghanistan et en Irak. Hervé Ghesquière, journaliste

français travaillant pour France 3 et ex-otage en Afghanistan, a déclaré que le

travail des journalistes qui couvrent les guerres menées contre le terrorisme

est devenu très difficile, y compris pour ceux qui sont embarqués avec les

troupes de combat, étant donné que leur indépendance est compromise.

«Il ne peut y avoir de liberté de presse sans un environnement sûr", a

ajouté Dunja Mijatovic, Haute Représentante pour la liberté des médias de l'OSCE.

"L'état de droit risque d'être remplacée par celui de la peur."

Pour plus d'information,

veuillez  contacter la FIJ au + 32 2 235

22 07
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