La FIJ condamne une répression abjecte de la liberté de la presse à Djibouti

La Fédération Internationale des Journalistes a condamné aujourd’hui les conditions inhumaines de détention d’un journaliste à Djibouti et a sommé le gouvernement de procéder à sa libération immédiate.


Daher Ahmed Farah, rédacteur et éditeur de l’hebdomadaire le Renouveau et également président du parti d’opposition, le Mouvement pour le Renouveau et le Développement Démocratique, a été arrêté pour diffamation en avril suite à une plainte déposée par le commandant des armées, le Général Zakaria Cheik Ibrahim.


Suite à quoi, le 9 juillet, la cour d’appel de Djibouti l’a condamné à trois mois de détention dans la prison de Gabode, d’où il avait été relâché le 23 juin sur décision d’un tribunal inférieur. La cour lui impose de payer €65,000 pour dommages civils, ainsi qu’une amende criminelle additionnelle de €5,000. Il a également été condamné à trois mois supplémentaires de détention avec sursis.


La cour a par ailleurs interdit la publication de la revue le Renouveau durant six mois. La police a confisqué tous les avoirs et le matériel du journal. Farah est actuellement détenu en isolement, avec une réserve d’eau insignifiante par des conditions de chaleur accablante.


“De telles actions contreviennent tant à la constitution de Djibouti elle-même qu’aux accords internationaux,” a déclaré Aidan White, Secrétaire Général de la FIJ. “Djibouti doit respecter le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, un accord signé en février, si le pouvoir en place désire garder une once d’intégrité aux yeux du monde ”.


Le gouvernement possède le journal principal, La Nation, ainsi que Télévision Djibouti (RTD), qui gère la radio nationale ainsi que la télévision. De nombreux journalistes indépendants ont été forcés à émigrer pour bénéficier de formations, et certains de ceux qui restent n’ont comme unique choix que de changer de profession. Djibouti n’a aucune association formelle de journalistes, en dépit de plusieurs tentatives visant à en créer une.


La FIJ somme le gouvernement de Djibouti de libérer M. Farah et de lever l’interdit qui pèse sur son journal. “La répression de médias, couplée à des lois draconiennes et des peines d’emprisonnement, ne pourra que détruire toute amorce de démocratie à Djibouti,” a déclaré White.


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