La FIJ condamne la multiplication d’arrestations arbitraires en RDC

La Fédération Internationale des Journalistes, qui rassemble près de 500 000 journalistes dans le monde, a condamné aujourd’hui les arrestations de Donatien Nyembo Kimuni et Roger-Salomon Lulemba Bin Kiabululu en République Démocratique du Congo.


D’après un communiqué de l’ONG congolaise Journalistes en Danger (JED) du 16 juillet 2003, Donatien Nyembo Kimuni, correspondant du journal indépendant La Tribune, a été condamné par défaut, le 11 juillet 2003, pour diffamation, à 5 ans de prison avec arrestation immédiate par le Tribunal de Paix de Likasi, ville située à 120 km de Lubumbashi. D’après JED, la Tribune, avait publié dans son édition N° 556 du 5 juin 2003 un article du journaliste intitulé:"Congo Mineral: les travailleurs mal payés et exploités", dénonçant "le pillage systématique des produits miniers de la Gécamines" et "les mauvaises conditions de travail" des employés de l'Entreprise Congo Mineral dont « certains seraient morts par intoxication ». Congo Mineral avait fait déposé un droit de réponse que le journal dit avoir publié conformément à la loi sur la presse en RDC.


Roger-Salomon Lulemba Bin Kiabululu, correspondant de l’hebdomadaire L'Eveil à Tshikapa, dans la province du Kasai occidentale, a été arrêté par la police nationale congolaise le 12 juillet. Avant son transfert à la prison de Kanazala, il a déclaré avoir été malmené au moment de son arrestation à l’hôtel de ville par des officiers de police se plaignant que «les journalistes critiquent constamment la police». Cette arrestation fait suite à une série d’incidents dans la région, dont l’arrestation très violente de Kadima Mukombe, journaliste et animateur de Radio Kilimandjaro, qui avait dénoncé la pauvreté dans laquelle vivent les populations de Tshikapa, alors que des milliers de carats de diamants sont exploités quotidiennement dans cette ville.


« Ces arrestations arbitraires témoignent d’un autre temps, où la culture du silence entérine une violence injustifiée» a déclaré Aidan White, Secrétaire Général de la FIJ. « La multiplication des intimidations et les menaces contre les journalistes fait le lie d’une censure qui ne devrait pas avoir sa place en République Démocratique du Congo », a-t-il ajouté.


La Constitution de la République Démocratique du Congo intègre le droit à la liberté d’expression et le droit à l’accès à l’information, et la commission des droits de l'Homme des Nations-Unies rappelle que "l'emprisonnement en tant que sanction négative d'une opinion est une violation flagrante des droits de l'homme".


La FIJ demande au nouveau gouvernement d’assurer le droit de ces journalistes à un procès équitable, leur droit au respect de leur intégrité personnelle et à l’accès à l’information, et le respect des standards internationaux pour la liberté d’expression.


Pour plus d'information: +32 2 235 22 00