Report du procès illégitime des administrateurs et des employés d’une radio au Zimbabwe

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) appelle le Tribunal de Harare à abandonner les charges arbitraires qui pèsent contre les dix administrateurs et employés de la radio Voice of the People (VOP).


« Ils ont comparu pour répondre aux accusations selon lesquelles ils auraient violé la loi sur l’audiovisuel du Zimbabwe » a dit une source à la FIJ.


Les sept administrateurs et les trois employés de VOP sont en effet accusés de posséder des équipements de radiodiffusion et de les utiliser sans licence.


La VOP, légalement constituée comme structure de communication, diffuse des programmes radiophoniques au Zimbabwe en ondes courtes depuis des émetteurs installés hors du pays. Cette situation est due à une répressive loi sur les médias qui a suscité en 2001 l’extradition de correspondants étrangers et l’interdiction de tous les médias indépendants.


Le procès de la VOP a été reporté au 25 septembre en raison de l’absence d’un témoin clé de l’accusation, un agent des services des médias du gouvernement qui serait en voyage à l’extérieur du pays.


Les administrateurs de la radio indépendante accusés sont Arnold Tsunga (président de l’organisation des droits de l’homme du Zimbabwe) John Masuku (directeur exécutif de VOP), Lawrence Chibwe (juriste), Nhlanhla Ngwenya (journaliste), Isabella Matambanadzo (journaliste et activiste des droits des femmes), David Masunda (journaliste) et Millie Phiri (ex rédacteur en chef de l’agence de presse nationale).


Les employés également en procès sont des femmes qui sont, Maria Nyanyiwa, Nyasha Bosha et Kundai Mugwanda. Le 15 décembre 2005 lorsque des agents de police de la Zimbabwe Republic Police (ZRP) ont attaqué les locaux de VOP, ils ont saisi des ordinateurs et des documents et ces femmes ont été détenues sans charge pendant quatre jours. Quelques années auparavant, en août 2002, le siège de la VOP a été détruit par un attentat à la bombe dont les auteurs courent toujours.


« Nous appelons les juges de la Haute Cour de Harare à ne pas se faire complice du total déni de la liberté de la presse du gouvernement et à abandonner les charges arbitraires qui pèsent contre les administrateurs et les employés de la VOP » a déclaré Gabriel Baglo, Directeur de la FIJ.


« Et nous demandons au gouvernement du Zimbabwe d’abroger, tel que recommandé par la Commission Africaine des Droits de l’homme et des Peuples, les lois draconiennes qui ont anéanti la liberté de la presse ».


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