Libération de Sylvestre Nicoué, détenu depuis 5 mois au Togo

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) et l’ensemble de la communauté des journalistes se réjouissent de la libération, mercredi 7 mai, de Sylvestre Djahlin Nicoué, Directeur de publication de l'hebdomadaire Le Courrier du Citoyen, emprisonné depuis près de cinq mois sans procès à Lomé (Togo).


Dans une lettre adressée à M. Pitang Tchalla, Ministre de la Communication et de la Formation Civique, le Secrétaire Général de la FIJ, Aidan White, s’est félicité de cette décision. « La libération de M. Nicoué est un signe encourageant qui pourrait permettre la reprise du dialogue avec les professionnels des médias», a t-il indiqué. « Nous appelons les autorités à sortir d’une logique de confrontation », a-t-il ajouté, « pour soutenir la démarche de l’Observatoire Togolais des Médias qui cherche à promouvoir et garantir le respect de l’Ethique et de la Déontologie professionnelle».


Les représentants de la FIJ ont rencontré le Ministre en marge de la Célébration de la Journée Internationale pour la Liberté de la Presse, les 2 et 3 mai 2003, alors qu’ils apportaient un témoignage de solidarité aux journalistes togolais. M. Tchalla a quitté la salle samedi 3 mai suite à la lecture d’un rapport de l’Observatoire Togolais des Médias évoquant l’état de la presse et le respect des règles déontologiques dans le pays. Le Ministre avait ensuite refusé à la dernière minute de recevoir la délégation de la FIJ pour un rendez-vous prévu le lundi 5 mai afin d’évoquer le cas de Sylvestre Nicoué et la situation des journalistes au Togo.


« Le code de la presse en vigueur au Togo permet aujourd’hui de mettre des journalistes en prison » a déclaré White. « Le cas Nicoué a pourtant mis en lumière la difficulté des autorités à faire la distinction entre délits de presse et délits d’opinion » a-t-il ajouté.


Le journaliste avait été arrêté le 26 décembre 2002 après un article virulent contre le pouvoir en place, intitulé « Initiatives- citoyens de l’an 2003 : empêcher Eyadéma de gouverner ». L’article incriminé annonçait « un coup de gueule », affirmant notamment que « la fronde sera du tonnerre en 2003 si rien n'est fait pour ouvrir les vannes des libertés et entamer une avancée franche, claire et palpable vers l'alternance ». L’auteur ajoutait que "tout doit être envisagé pour que ce cycle dégoûtant et douloureux pour nos populations ne se poursuive pas après juin 2003. Même s'il faut aller jusqu'au sacrifice suprême, au préjudice suprême ». Après l’arrestation de M. Nicoué, le Courrier du Citoyen avait publié un article intitulé « Tuez-nous tous et marchez sur nos cadavres ».


La FIJ appelle les autorités togolaises à réviser le code de la presse pour aboutir à une dépénalisation des « délits de presse ».


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Lettre au Ministre de la Communication et de la Formation Civique