Les journalistes ivoiriens dénoncent "une violation flagrante de la liberté de la presse" après l'attaque de la RTI par les Jeunes Patriotes

- DECLARATION DE L’UNJCI - 

Suite à l’occupation de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) par des Jeunes Patriotes et à l’attaque des journaux


Les faits


Dans l’après midi du dimanche 24 juillet 2005, des centaines de jeunes gens ont occupé l’entrée principale du siège de la RTI à Cocody durant plusieurs heures. Ces jeunes ont exigé sous la menace la diffusion intégrale du discours de leur leader, prononcé lors de la clôture du congrès du COJEP.


Cette situation a empêché des journalistes et des techniciens d’accéder à leur lieu de travail et a également perturbé le bon fonctionnement des antennes et le déroulement normal des programmes, non sans oublier, les menaces proférées à l’encontre des journalistes et des dirigeants de la RTI. Pis, lors d’un autre meeting au baron de Yopougon, le Responsable de l’Alliance des Jeunes Patriotes, décrétant l’interdiction de toute activité du G7, s’est autorisé à interdire la diffusion ou la couverture médiatique des activités des partis politiques de l’opposition. Des sièges des organes de presse ont été également assiégés. Ces menaces qui surviennent à la suite des propos du leader du COJEP ont eu pour autres conséquences directes la déchirure des journaux dits de l’opposition en plusieurs endroits du pays.


Il nous a également été signalé un certain nombre de menaces proférées contre des organes de presse et leurs dirigeants dans cette période de tension.



NOTRE ANALYSE


L’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) fait l’analyse suivante. Ces faits constituent une violation flagrante de la liberté de la presse parce qu’empêchant les journalistes d’exercer librement leur profession en toute quiétude. Ces menaces sont de nature à créer un climat d’inquiétude et de psychose chez les journalistes. Toute chose qui n’est pas de nature à assurer un bon fonctionnement de la télévision nationale et des différents organes de presse. Dans un pays de droit, il n’appartient pas à une organisation privée d’interdire les activités des organes de presse et de régenter la profession, quelle que soit la situation.


En tout état de cause nous constatons que ces violations d’opinion et de la presse, liberté reconnue par la constitution ivoirienne, ne sont pas de nature à favoriser le retour au calme et à la paix.

NOTRE POSITION


C’est pourquoi, l’UNJCI, au regard des faits graves sus indiqués, marque son indignation et condamne avec la dernière énergie cette attitude rétrograde.


- L’UNJCI élève la plus vive protestation contre de telles méthodes aux antipodes de la démocratie et qui mettent, fondamentalement, un frein à l’exercice de la liberté de la presse , d’opinion et de pensée ;

- L’UNJCI demande instamment au gouvernement de Réconciliation Nationale, notamment au Premier Ministre et aux ministres qui ont en charge la Sécurité, la Défense et les Droits de l’Homme, de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir un climat de sérénité et de sécurité à la RTI et dans tous les organes de presse afin que les journalistes et tous les agents et techniciens de l’Information puissent exercer leur métier sans pression, en toute liberté et en toute quiétude.

- L’UNJCI demande aux groupements politiques, ONG et toute autre organisation de faire preuve de retenue et d’éviter de prendre les organes de presse et les journalistes pour cibles de brimades et d’actes attentatoires à la liberté de la presse, actes qui n’honorent pas notre pays.

- Enfin, l’UNJCI lance un appel pressant au calme et invite tous les ivoiriens et les habitants de notre pays bien aimé à la tolérance en évitant toute forme de violence, susceptible d’assombrir davantage le développement harmonieux et l’avenir de la Côte d’Ivoire.


Fait à Abidjan, le 26 Juillet 2005


Pour le Conseil Exécutif de l’UNJCI

Le Président


Amos BEONAHO