Les journalistes camerounais condamnent l'agression sauvage d'un collègue à Douala

Communiqué du SNJC


Le Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC) a appris avec la plus grande tristesse l'agression sauvage dont a été victime le 30 juin 2004 à Douala, M. Christophe Bobiokono, journaliste, chef de Desk du quotidien Mutations pour le Littoral et membre du bureau du SNJC, de la part de gros bras de la SFD (Société des fourrières de Douala) que dirige M. Ekoka, un gendre du colonel Edouard Etondè Ekoto, délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala.


Au cours de leur forfait, les gros bras de la SFD, surpris en pleine séance d'extorsion, ont étranglé M. Bobiokono par la gorge le journaliste avant de lui arracher son appareil photo numérique qu'ils ont emporté avec eux. Le journaliste n'a eu la vie sauve, selon les témoignages, que grâce à l'intervention de quelques curieux qui suivaient la scène.


Le SNJC rappelle que M. Bobiokono se rendait à un rendez-vous professionnel, avec un confrère lorsqu'il est tombé sur une scène insolite, « le genre que j'ai déjà vécu plusieurs fois ». La patrouille installée dans un pick-up de couleur blanche (immatriculée LT 6663 O) qui avait repéré une voiture de marque Terrano (4x4) manoeuvrait pour se mettre en position de la porter. Les agents de la patrouille s'exécutaient avec lenteur, ce qui amenait à soupçonner qu'ils voulaient arnaquer le propriétaire du véhicule en infraction. « Ça n'a pas loupé, explique M. Bobiokono, d'autant que ce dernier, informé de la situation, est arrivé sur les lieux. Les manutentionnaires ont engagé des discussions avec lui, ce qui leur a permis de lui extorquer, selon ses propres dires, la somme de 20 000 Fcfa ».


Pendant qu'ils étaient en discussions, relate M. Bobiokono, « J'ai songé à immortaliser la scène pour les besoins de mon travail. Mal m'en a pris, puisque les gros bras sont tombés sur moi. L'un d'entre eux m'a pris par la gorge (« clé 14 », selon l'appellation locale de l'acte) pendant que l'autre s'acharnait sur mon appareil photo. Sentant que j'étouffais, j'ai poussé un cri qui a amené quelques curieux à intervenir. Ils sont partis, abandonnant sur place la voiture qu'ils tentaient de porter. Aucun reçu n'a été délivré à son propriétaire ».


Le SNJC dénonce cette nouvelle agression sauvage d'un journaliste dans l'exercice de son métier par une société qui évoluerait en marge de la réglementation (sans registre de commerce, etc.) et dont l'action dans la capitale économique du Cameroun en fait une bande de malfrats urbains et de racketteurs.


En exigeant que la communauté urbaine de Douala mette fin aux exactions et violences de cette société sur les journalistes ainsi que sur les habitants de la ville de Douala, le SNJC demande réparation du dommage corporel causé à M. Bobiokono, lequel a fait l'objet de soins médicaux.


Pour le SNJC,


Le Président


Jean Marc SOBOTH