Les journalistes camerounais appellent à la solidarité internationale pour soutenir un processus de négociation collective

Communiqué du Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC)


En se félicitant pour la tenue, le 14 septembre 2005 à Yaoundé, d’une importante réunion préparatoire à la négociation et l’adoption d’une convention collective nationale des journalistes et activités connexes sous l’égide du Ministère du travail et de la sécurité sociale, le Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC) – qui y siège avec des membres du Syndicat des Journalistes employés du Cameroun (SJEC) – est préoccupé par le blocage créé par l’absence d’éclairage juridique sur le débat et de financement pour tenir les 8 sessions prévues pour discuter du texte « harmonisé » qui a été proposé.


En effet, au cours des discussions, les représentants du patronat des médias (dont la Crtv, La Nouvelle Expression/Radio Equinoxe, Mutations, Five Tv/Global Football, etc.) ont rejeté l’hypothèse d’un financement exclusif par eux de toutes les charges inhérentes à la tenue desdits travaux conformément aux prescriptions de l’article 3 de l’arrêté du 07 juillet 2005 créant ladite commission, demandant à partager les charges avec les Syndicats des travailleurs seuls intéressés selon eux par la discussion.


Le président de la Commission, Oumar Alhadji Alifa, a quant à lui, précisé avoir financé lesdits travaux « de sa propre poche », en indiquant qu’il n’avait pas de budget ; « l’arrêté me nomme comme président de la Commission, point » a-t-il souligné.


Le SNJC déplore l’ignorance et la dérision qui, jusqu’à ce stade, accompagnent ce débat appelé, pourtant, à révolutionner la presse camerounaise puisqu’il verra instituer, même sur le tard, toutes les règles en terme de : temps du travail, congés (annuel, de maternité et de paternité), traitement salarial, droit syndical et autres droits des journalistes, sécurité sociale, réglementation du travail dans les zones d’insécurité, formation et congés de formation, retraites, accès à la profession et formation, statut de la rédaction, résiliation, etc. ; et autres aspects vitaux tels : la clause de conscience, le droit d’auteur, les conditions de l’emploi, la déontologie, voire le cadre légal d’une telle négociation.


Le SNJC suggère l’invitation, aux débats dont la délicatesse et la spécificité ne sont plus à démontrer, d’un spécialiste du droit social appelé à fixer, à l’intention des commissaires, le cadre juridique et les expériences jurisprudentielles et doctrinales.


Le SNJC aimerait enfin en appeler le gouvernement camerounais, à la solidarité nationale et internationale pour le financement de ces travaux devant produire la première Convention collective nationale des journalistes, laquelle permettra de mettre fin à la jungle ambiante et d’amorcer, de manière décisive, la question de l’observance de la déontologie et de l’éthique dans les médias camerounais.


Fait à Douala, le 19 septembre 2005


Pour le SNJC,


Le Président


Jean Marc Soboth