Les journalistes algériens se rassemblent pour honorer leurs collègues assassinés et demander la libération de M. Benchicou

La célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse, mardi 3 mai, a été marquée par un vibrant rappel du très lourd tribut payé par les journalistes algériens lors de la guerre civile, alors que les autorités multiplient les pressions contre la profession et que Mohammed Benchicou, Directeur de publication du Matin, est injustement emprisonné depuis plus de dix mois.


« La journée mondiale pour la liberté de la presse est l’opportunité d’honorer le souvenir des journalistes assassinés pour avoir refuser le règne de la terreur et de l’intolérance » a déclaré Aidan White, Secrétaire Général de la FIJ. « Elle est aussi un appel à l’action et à la responsabilité politique, notamment là où les atteintes à la liberté d’expression sont les plus flagrantes ».


A 10 h 00 du matin, la fédération internationale des journalistes, représentée par Uli Remmel, membre du Comité exécutif de la FIJ, le Syndicat national des journalistes et la mère de l’un des journalistes assassinés, du quotidien Liberté, ont déposé une gerbe de fleurs au niveau de la Place de la liberté de la presse à Alger (rue Hassiba Benbouali), à la mémoire des 113 confrères tués par les islamistes armés durant ces dix dernières années.


Par la suite, un rassemblement très important a été organisé à l’intérieur de l’enceinte de la maison de la presse à Alger. Ce rassemblement, initié par le bureau de la fédération -internationale des journalistes et du syndicat national des journalistes, a eu un écho très favorable auprès des confrères et des représentants de la société civile. Une pléiade de personnalités a pu intervenir pour évoquer les difficultés rencontrées par les journalistes algériens.


Le secrétaire général du SNJ, M. Rabah Abdallah, a notamment pris la parole pour dénoncer le caractère arbitraire des poursuites judiciaires engagées contre les journalistes et la situation dramatique de la liberté d’expression en Algérie. Le représentant de la FIJ, M. Ulli Remmel a assuré les collègues algériens de la solidarité des journalistes du monde entier. Il a rappelé les objectifs du centre de la FIJ à Alger, relancé récemment pour appuyer le combat des journalistes pour le respect de leurs droits socioprofessionnels et de leur liberté d’expression.


« La libération de Mohammed Benchicou, injustement incarcéré depuis plus de dix mois à la prison d’El Harrach, est une exigence immédiate pour les autorités algériennes » a déclaré Uli Remmel. « Elle représente une étape absolument essentielle pour la démocratie en Algérie, mais aussi un test de crédibilité à l’échelle internationale pour le gouvernement algérien ».


M. Remmel a également évoqué les problèmes socioprofessionnels auxquels sont confrontés les journalistes algériens. « Après 15 ans d’expérience, il est temps que le journaliste en Algérie puisse bénéficier d’un statut et d’une convention collective qui lui garantisse ses droit et son évolution dans la profession » a-t-il déclaré.


Dans le même ordre d’idée, le coordinateur de la FIJ au bureau régional d’Alger, M. Nadir Benseba a signalé qu’ « on ne peut pas exiger du journaliste un travail objectif alors que l’accès aux sources de l’information relève presque de l’interdit ». Saisissant cette occasion M. Benseba a lancé un appel « solennel et pressant » au nom de la Fédération Internationale des Journalistes au Président de la République afin de libérer M. Mohamed Benchicou.


Voir également


La FIJ dénonce une « campagne d’acharnement juridique » contre les journalistes en Algérie

Lettre de la FIJ au Président Algérien Bouteflika pour la libération de M. Benchicou


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