La FIJ se réjouit de la libération de Benchicou, demande la levée des menaces pénales et souhaite un “nouveau départ” pour la liberté de la presse en Algérie

La Fédération Internationale des Journalistes se réjouit aujourd’hui de la libération du journaliste algérien Mohamed Benchicou, qui a été en prison pendant 2 ans pour avoir commenté de manière critique le gouvernement local et a demandé la levée des sanctions pénales menaçant de prison ferme plus d'une vingtaine d’autres journalistes.


Benchicou, le directeur du quotidien Le Matin, devrait quitte la prison de El Harrach demain, après avoir été détenu depuis le 14 juin 2004.


“Nous sommes ravis que Mohamed soit enfin sur le point d’être libéré mais même si nous applaudissons à cette bonne nouvelle, nous restons extrêmement soucieux du sort d’au moins 20 autres journalistes qui sont toujours menacés de sanctions pénales”, a déclaré Aidan White, Secrétaire Général de la FIJ. “Il est temps pour la liberté de la presse en Algérie de prendre un nouveau départ, et il est temps de mettre un terme à la détention des rédacteurs et des reporters et d’éliminer toute forme de répression vis-à-vis des journalistes.”


Benchicou était très connu pour son rôle dans la campagne présidentielle, durant laquelle il a rédigé un pamphlet intitulé Bouteflika, l’imposteur algérien. Il y a deux ans, il a été condamné à la prison pour une soi-disant “ violation de la réglementation des changes ” après que des bons de caisse en dinars aient été trouvés dans ses bagages à l’aéroport d’Alger en août 2003.


“Le dossier Benchicou a mis en lumière un système judiciaire corrompu et politisé, que nous avons vu prendre tous les tours et détours dans une suite d’erreurs ces deux dernières années” a déclaré Nadir Benseba, coordinateur du Bureau régional de la FIJ à Alger. “Nous devons maintenant libérer nos autres collègues et faire le maximum pour décriminaliser les délits de presse en Algérie.”


Il y a eu de nombreuses attaques sur la liberté de la presse en Algérie depuis la réélection du Président Abdelaziz Bouteflika en 2004. Plus de 20 journalistes ont été condamnés à des peines d’emprisonnement en première instance entre 2005 et 2006 : Farid Alilat (1 an) ; Fouad Boughanem (1 an) ; Sid Ahmed Sémiane (1 an) ; Kamel Amarni (1 an) ; Ali Dilem (1 an); Malika Boussouf (6 mois) ; Hakim Laalam (6 mois) ; Nacer Belhadjoudja (6 mois) ; Mohamed Benchicou (emprisonné depuis 2004) ; Yasmine Ferroukhi (3 mois) ; Youcef Rezzoug (3 mois) ; Djameleddine Benchenouf (3 mois) ; Abla Chérif (2 mois) ; Badis Massaoui (2 mois) ; Hassane Zerrouki (2 mois) ; Ghanem Khemis (2 mois) ; Abdelkader Djemâa (2 mois); et Abder Bettache (2 mois). Des douzaines d’autres ont reçu des peines avec sursis, ce qui les force à autocensurer leur propre travail pour éviter d’être envoyés en prison.


“Tous ces collègues sont victimes d’une campagne contre la liberté d’expression qui jette une ombre sur la démocratie en Algérie”, a dit M. White. “Il faut y mettre un terme maintenant ”.


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