La FIJ proteste contre la menace d’expulsion d’une journaliste mongole de Belgique

Dans une lettre adressée au Ministre de l’Intérieur belge Patrick Dewaele, la Fédération Internationale des Journalistes a protesté aujourd’hui contre la menace d’expulsion imminente d’Erdenehand Tserensodnom, une journaliste mongole détenue en compagnie de son fils de 10 ans dans un centre de transit pour étrangers en situation irrégulière, et ce depuis le 3 août dernier.


« Notre consoeur est menacée d’une expulsion imminente alors qu’elle court un danger si on la renvoie dans son pays » a déclaré le Secrétaire général de la FIJ, Aidan White. « Elle a déjà fait l’objet d’une tentative de reconduite aux frontières le 20 novembre 2005 et a évité in extremis d’être expulsée vers la Mongolie. Nous avons demandé aujourd’hui à M. Dewaele de ne pas l’expulser aussi longtemps que les recours qu’elle a entrepris pour obtenir une demande d’asile n’auront pas été épuisés ».


Cette journaliste avait fui la Mongolie, estimant sa sécurité menacée à la suite de la publication d’articles qu’elle y avait publié sur un dossier de corruption, et ce d’autant plus que d’après ses déclarations une de ses collègues avait subi des représailles physiques – des coups de cutter qui l’ont défigurée. Elle est arrivée en Belgique en 2001 et a introduit une demande de statut de réfugiée politique, qui lui a été refusé, à la suite de quoi elle a introduit un recours au Conseil d’Etat. Un recours en cassation a été introduit le 29 octobre 2005 contre son arrestation, qui a eu lieu le 3 août. Mme Tserensodnom a entretenu des démarches pour introduire une nouvelle demande de séjour de même qu'une nouvelle demande d'asile.


« Il existe un certain nombre d’éléments tangibles qui nous amènent à penser que Mme Tserensodnom courrait un risque réel si elle retournait en Mongolie dans l’état actuel des choses», précise la FIJ dans sa lettre à M. Dewaele. En effet, la Mongolie applique toujours le code pénal en ce qui concerne la diffamation et les « atteintes à l’honneur ». Mme Tserensodnom risque 2 ans de prison ferme si elle était poursuivie en fonction de ces dispositions, d’autant plus que deux autres femmes journalistes ont été récemment arrêtées et emprisonnées. D’autre part, Mme Tserensodnom est maintenant parfaitement connue des autorités mongoles et des personnes sur qui elle a enquêté, ce qui augmente les risques qu’elle encourt en cas de rapatriement forcé.


« Notre requête ne nous paraît pas disproportionnée au regard des risques que court Mme Tserensodnom dans son pays d’origine », a déclaré Aidan White, « en particulier dans un Etat de droit respectueux de la liberté de la presse tel que la Belgique ».

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