La FIJ proteste contre la condamnation d’un journaliste à une peine de prison ferme pour diffamation et des menaces de mort contre des journalistes au Sénégal

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a condamné aujourd’hui « les menaces contre le journalisme indépendant et la liberté d’expression » au Sénégal après qu’un homme politique a menacé les journalistes d’une radio et un juge a condamné le directeur d’un journal a de la prison ferme pour diffamation.


La FIJ a exprimé son inquiétude du fait que les deux incidents sont des indications de l’hostilité d’officiels du Sénégal envers une presse libre et indépendante.


Mardi, Ndiogou Wack Seck, directeur de publication du quotidien Il est midi, proche du parti au pouvoir, a été inculpé de diffamation envers deux proches du Président Abdoulaye Wade. Le tribunal correctionnel de Dakar a condamné Seck à une peine de six mois de prison ferme, assortie d’une lourde peine de prison, interdit de parution son journal pour trois mois et lui a interdit pour trois mois d’exercer en tant que directeur de publication durant ces trois mois.


« Nous protestons contre la condamnation de Ndiogou Wack Seck et sa lourde amende, » a dit Gabriel Baglo Directeur du bureau Afrique de la FIJ. « Nous sommes préoccupés par la persistance des autorités du Sénégal à maintenir ces lois liberticides et rétrogrades qui entravent la liberté de la presse dans le pays. »


Le tribunal a infligé à Seck une amende de 40 millions de Francs CFA (60.900 Euros) de dommages et intérêts à verser aux plaignants, l’avocat de l’Etat du Sénégal Ousmane Sèye et Alex Ndiaye, un proche du Président. Ces derniers ont poursuivi Seck pour avoir écrit un article publié le 14 novembre 2006, indiquant que dans les négociations ayant conduit à la libération de l’ex Premier Ministre Idrissa Seck, Sèye et Ndiaye, mandataires du Président ont accepté de l’argent venant de Seck.


Idrissa Seck, également maire de la ville de Thiès a été emprisonné pendant sept mois après son inculpation pour le détournement de fonds alloués pour des projets de construction.


Dans un autre incident mercredi, Moustapha Cissé Lô, le responsable à Touba (Centre du Sénégal) du parti au pouvoir et membre du Conseil de la République, a perpétré un raid à Radio Disso Fm, une station de radio basée dans la région. Selon Ibrahima Benjamin Diagne, directeur de la radio, Lô est arrivé dans les locaux de la station avec une dizaine de jeunes dans la soirée du mercredi pour se plaindre d’une émission diffusée quelques heures auparavant. Lors de cette émission, un auditeur a téléphoné pour dire qu’il est offusqué parce que Lô était sur la liste des candidats du parti au pouvoir pour les élections législatives à venir.


« M. Lô a dit dans notre salle de rédaction et à l'endroit de tout le personnel: « le premier qui prononcera mon nom sur vos ondes, je le tuerai. Et j'enverrai des nervis saccager votre radio, » a dit Diagne.


Le Syndicat des Professionnels de l’Information de la Communication du Sénégal (SYNPICS) a appelé les professionnels des médias du Sénégal à boycotter tous les événements et activités de Lô. Le SYNPICS a dit qu’il va apporter une assistance juridique aux journalistes de Radio Disso Fm et se constituer partie civile.


« Nous condamnons fermement ces menaces de mort et nous allons suivre de près cette affaire, » a dit Gabriel Baglo.


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