La FIJ, l’UJAO et le SYNPICS condamnent la fermeture brutale des stations de la radio Sud FM et l’arrestation d’une trentaine de journalistes et agents de Sud-Com.

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), l’Union des Journalistes de l’Afrique de l’Ouest (UJAO) et le Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (SYNPICS) ont exprimé aujourd’hui leur indignation et consternation face à la fermeture brutale de toute les stations de la radio Sud FM au Sénégal et l’arrestation d’une trentaine de travailleurs du Groupe Sud-Com.


« Cette démonstration de force est une véritable voie de fait, une mesure illégale violant la loi » a souligné Alpha A. Sall, Secrétaire général du SYNPICS et de l’UJAO. « Elle représente un déni de la liberté de la presse et de la liberté d’expression, qui ont pourtant longtemps prévalues dans le pays ».


Ce matin du 17 octobre 2005, aux environs de 7h30, la radio Sud FM a diffusé une interview du chef rebelle indépendantiste Casamançais Salif Sadio. Sur ordre du ministre de l’intérieur, M. Ousmane Ngom, les policiers ont investi peu après les locaux de la radio à Dakar, fermé les antennes dans toutes les localités et interpellé une trentaine de journalistes et agents qui ont été conduits et confinés au commissariat central de Dakar.


A Ziguinchor, la ville principale de la région de la Casamance, le chef de la station a été interpellé et gardé dans les locaux de la police.


Cette sortie musclée des autorités sénégalaises contre un média indépendant intervient après l’expulsion de la correspondante de RFI, Sophie Malibeau en 2004, et l’arrestation de Madiambal Diagne, directeur de publication du Quotidien en Juillet 2004, qui avaient suscité de fortes réactions internationales.


« Cette réaction brutale est regrettable et excessive » a déclaré Aidan White, Secrétaire Général de la FIJ. « Le recours à la force n’est certainement pas une réponse appropriée à la diffusion d’une interview, fut-elle d’un chef rebelle ».


La FIJ, l’UJAO et le SYNPICS demandent au gouvernement sénégalais la réouverture de la radio Sud FM et la libération immédiate de tous les journalistes et agents gardés par la police à cet effet. Les trois organisations appellent les autorités sénégalaises et principalement le Président Abdoulaye Wade à garantir l’intégrité physique et morale des journalistes dans l’accomplissement de leur profession.


La FIJ, l’UJAO et le SYNPICS appellent les organisations des droits de l’Homme et de la liberté de presse à conjuguer leurs efforts pour restaurer la liberté de la Presse au Sénégal.


Pour plus d’informations, merci de contacter le + 221 842 01 42/41

La FIJ représente plus de 500 000 journalistes dans plus de 110 pays